Justice française : Gino, militant antifasciste, remis à l’Allemagne
Justice française ordonne la remise de Gino à l’Allemagne

La cour d’appel de Paris a ordonné, mercredi 19 août 2026, la remise à l’Allemagne du militant antifasciste albanais Gino, âgé de 28 ans. Ce dernier est réclamé par Berlin pour une série d’actions coup de poing contre des groupes d’extrême droite outre-Rhin. La décision, prise en chambre du conseil, ouvre la voie à son transfèrement dans un délai de trente jours.

Un parcours de militant radical

Gino, de son vrai nom Gjin B., est connu des services de renseignement allemands depuis 2021. Il est soupçonné d’avoir participé à au moins six agressions physiques contre des militants d’extrême droite, dont une, en 2023, qui a laissé une victime avec une fracture du crâne. Selon le parquet fédéral allemand, ces actes s’inscrivent dans une stratégie d’intimidation visant à déstabiliser la mouvance néonazie en Saxe et en Thuringe.

Arrêté en France en mars 2026 à la demande des autorités allemandes, Gino avait contesté son extradition devant la chambre de l’instruction. Ses avocats, Mes Clara Dupont et Yann Leclerc, ont plaidé que les faits reprochés relevaient de la liberté d’expression et de la légitime défense politique. « Gino est un résistant, pas un criminel. Il a agi pour protéger des réfugiés et des militants antiracistes menacés de mort », a déclaré Me Dupont à l’issue de l’audience.

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Les motifs de la cour d’appel

Dans son arrêt, la cour d’appel de Paris a estimé que les charges retenues par l’Allemagne constituaient des infractions de droit commun, et non des actes politiques. Elle a notamment relevé que les violences alléguées étaient « disproportionnées par rapport à l’objectif de défense des droits humains » et que l’Allemagne offrait toutes les garanties d’un procès équitable. « La demande d’extradition est conforme à la convention européenne d’extradition du 13 décembre 1957 », précise le document judiciaire.

Les juges ont également écarté le risque de persécution politique invoqué par la défense. « L’Allemagne est un État de droit où les opinions politiques ne sont pas réprimées, sauf lorsqu’elles se traduisent par des actes violents », a souligné la présidente de la chambre, Marie-Hélène Brière.

Réactions et suites judiciaires

La décision a provoqué une vive émotion dans les milieux antifascistes français et allemands. Une centaine de manifestants se sont rassemblés mercredi soir devant le palais de justice de Paris, brandissant des banderoles « Liberté pour Gino » et « Solidarité internationale ». Le collectif « Paris Antifasciste » a dénoncé une « criminalisation de l’antifascisme » et promis de saisir la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

De son côté, le ministère allemand de la Justice a salué une « décision de coopération judiciaire exemplaire ». Un porte-parole a précisé que Gino serait jugé devant le tribunal régional de Dresde, où il encourt jusqu’à dix ans de réclusion pour « coups et blessures aggravés » et « appartenance à une organisation criminelle ». L’extradition doit être exécutée dans un délai de trente jours, sauf recours en cassation. Les avocats de Gino ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation, ce qui suspendrait provisoirement la remise.

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