Obsèques nationales pour Ali Khamenei après son décès dans des frappes
Les obsèques nationales d'Ali Khamenei, guide suprême de l'Iran tué samedi lors de frappes israélo-américaines, débuteront mercredi soir pour trois jours. Selon l'agence officielle Irna, les fidèles pourront rendre hommage à sa dépouille à la grande mosquée Imam Khomeini de Téhéran à partir de 22 heures locales. Ali Khamenei, décédé à 86 ans après 36 ans de règne, sera inhumé dans la ville sainte de Machhad, dont il était originaire.
Un pouvoir quasi-absolu et une succession soudaine
Arborant le turban noir des descendants du prophète Mahomet, Ali Khamenei dirigeait le système théocratique iranien avec un pouvoir quasi-absolu sur les questions religieuses, politiques et militaires. Ses portraits omniprésents dans les lieux publics symbolisaient son autorité, et sa succession n'avait jamais été publiquement évoquée. Nommé guide suprême en juin 1989 après la mort de l'ayatollah Khomeini, il avait alors 50 ans.
L'attaque dans le quartier Pasteur, où se trouvait sa résidence, a également éliminé plusieurs hauts responsables iraniens. Parmi les victimes potentielles figurent Ali Chamkhani, conseiller du guide, Amir Nasirzadeh, ministre de la Défense, et d'autres commandants militaires, selon le quotidien libanais L'Orient-Le Jour.
Le processus constitutionnel de succession
La Constitution iranienne stipule qu'un nouveau guide suprême doit être choisi dans les trois mois suivant le décès. Cette décision relève de l'Assemblée des experts, composée de 88 dignitaires religieux élus pour huit ans. En attendant, un triumvirat assure la transition : le président Massoud Pezeshkian, le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï, et le religieux Alireza Arafi.
L'agence Fars rapporte que, pour des raisons de sécurité, la réunion finale de l'Assemblée pourrait être reportée après l'inhumation de Khamenei. Parmi les successeurs pressentis, on trouve son fils Mojtaba Khamenei, Hassan Khomeini (petit-fils du fondateur), des partisans de la ligne dure comme Ejei et Arafi, l'ancien président Hassan Rohani, ou Sadeq Larijani.
Réponse israélienne et contexte politique interne
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que tout successeur de Khamenei serait « une cible » à éliminer, affirmant que le Premier ministre et lui-même ont ordonné à l'armée de se préparer à agir par tous les moyens. Cette menace survient dans un contexte où l'opposition iranienne, comme la lauréate du Nobel Narges Mohammadi, est réprimée, et où les mouvements en exil restent désunis. Reza Pahlavi, fils du chah déchu, gagne en visibilité dans les médias occidentaux, mais sa crédibilité en Iran est incertaine.
Cette période de transition soulève des questions cruciales sur l'avenir de l'Iran, entre pressions internationales et luttes internes pour le pouvoir.



