Téhéran dément négocier avec Washington mais poursuit les discussions avec Mascate
Iran : pas de négociations avec les USA mais dialogue avec Oman

L'Iran a catégoriquement rejeté les informations faisant état de négociations directes avec les États-Unis, mais a confirmé la tenue de discussions avec Oman, médiateur historique dans le dossier nucléaire iranien. Cette clarification intervient alors que des rumeurs circulaient sur d'éventuels pourparlers secrets entre Téhéran et Washington en marge des pourparlers de Vienne.

Un démenti ferme de Téhéran

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanaani, a déclaré lors d'un point presse hebdomadaire : « Les informations sur des négociations directes entre l'Iran et les États-Unis sont totalement infondées. Aucune rencontre de ce type n'a eu lieu et n'est à l'ordre du jour. » Il a toutefois précisé que l'Iran « maintient un dialogue continu avec Oman, qui a toujours joué un rôle constructif dans la région ».

Ces propos surviennent après des fuites dans la presse occidentale suggérant que des responsables iraniens et américains se seraient rencontrés à plusieurs reprises dans un lieu discret en Europe. Selon un diplomate européen qui a requis l'anonymat, « il y a eu au moins trois échanges indirects via Oman au cours des deux dernières semaines ».

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Le rôle clé d'Oman

Le sultanat d'Oman a souvent servi de canal de communication entre Téhéran et Washington, notamment lors des négociations sur l'accord nucléaire de 2015 (JCPOA). En 2023, Oman avait déjà facilité des échanges informels pour échanger des prisonniers et débloquer des fonds iraniens gelés. Un haut responsable omanais cité par l'agence de presse ONA a confirmé que « Mascate continue d'offrir ses bons offices pour favoriser la compréhension mutuelle ».

Les discussions en cours porteraient principalement sur la relance de l'accord nucléaire, que l'Iran a commencé à enfreindre depuis le retrait américain en 2018. Le dossier des activités d'enrichissement d'uranium, qui a atteint 60 % de pureté, reste un point de crispation majeur. Selon un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) publié en juin, l'Iran dispose de suffisamment de matière fissile pour fabriquer plusieurs bombes atomiques, bien que Téhéran nie toute intention militaire.

L'impact sur les relations internationales

Ce démenti iranien intervient dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient. Israël a multiplié les avertissements sur la menace nucléaire iranienne, et les États-Unis maintiennent une pression maximale par sanctions. L'administration Biden, tout en excluant un dialogue direct sans préconditions, n'a pas fermé la porte à une médiation régionale. Un expert du Centre pour les études stratégiques de Téhéran, Mahmoud Alizadeh, estime que « l'Iran ne veut pas donner l'impression de céder à la pression, mais le canal omanais permet de tester le terrain sans s'engager ».

En parallèle, la Chine a proposé une médiation alternative, tandis que l'Union européenne tente de relancer les pourparlers de Vienne. La France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a appelé l'Iran à « revenir à la table des négociations dans le cadre du JCPOA ». Cependant, faute de progrès concrets, les espoirs d'un accord à court terme s'amenuisent.

Selon un sondage commandé par le site IranDaily, 68 % des Iraniens sont favorables à la reprise des négociations avec les États-Unis, mais 74 % estiment que leur gouvernement ne devrait pas faire de concessions sur le programme nucléaire civil. Ces chiffres illustrent la complexité du débat interne en Iran, où les factions conservatrices et réformatrices s'opposent sur la stratégie diplomatique.

Vers une escalade ou une accalmie ?

L'absence de négociations directes n'exclut pas une escalade militaire. Les États-Unis ont renforcé leur présence navale dans le golfe Persique, tandis que l'Iran a procédé à des exercices militaires près du détroit d'Ormuz. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a exhorté les deux parties à « éviter toute provocation et à privilégier le dialogue ». L'ambassadeur iranien à l'ONU, Amir Saeid Iravani, a réitéré la position de son pays : « L'Iran ne négociera pas sous la menace, mais reste ouvert à des discussions honorables via des canaux fiables. »

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Le sultan Haïtham ben Tariq d'Oman, en visite officielle à Téhéran la semaine prochaine, devrait s'entretenir avec le président Ebrahim Raïssi. Selon des sources diplomatiques, ce déplacement pourrait déboucher sur une nouvelle proposition de compromis sur le programme nucléaire. En attendant, les regards sont tournés vers Vienne, où l'AIEA publiera prochainement un nouveau rapport sur les activités iraniennes. L'avenir de la diplomatie iranienne se joue à la croisée des chemins entre isolement et ouverture contrôlée.