La menace iranienne s'étend à Bab el-Mandeb, nouveau front maritime stratégique
Iran menace Bab el-Mandeb, nouveau front maritime stratégique

La confrontation Iran-États-Unis s'étend à un nouveau front maritime stratégique

La « guerre éclair » envisagée par Donald Trump semble s'enliser dans un conflit plus complexe. Mercredi 25 mars, l'exécutif américain a encore durci le ton, avec la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, affirmant que le président était prêt à « déchaîner l'enfer » si l'Iran persistait dans ce qu'elle qualifie de « mauvais calcul ». Cette escalade verbale s'accompagne d'une extension géographique significative de la confrontation.

Bab el-Mandeb, nouveau point de tension stratégique

Après avoir agité la menace d'un blocage du détroit d'Ormuz, l'Iran brandit désormais celle d'un « nouveau front » : Bab el-Mandeb. Selon une source militaire citée par l'agence iranienne Tasnim, Téhéran pourrait viser cette zone en cas d'intervention terrestre américaine. Cette source affirme que Bab el-Mandeb fait partie des passages maritimes « les plus sensibles au monde » et que l'Iran serait en mesure d'y faire peser une « menace crédible ».

Le détroit de Bab el-Mandeb se situe entre Djibouti et le Yémen, à la jonction entre le golfe d'Aden et la mer Rouge. Il constitue un passage incontournable pour les navires remontant vers le canal de Suez. En 2024, L'Express rappelait que 40 % du trafic de conteneurs et 12 % du trafic commercial mondial transitaient par cette zone. Ce type de passage étroit, où se concentre une part importante des flux commerciaux, est désigné comme des « choke points » ou points d'étranglement maritimes.

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Des enjeux économiques et énergétiques colossaux

Bab el-Mandeb joue un rôle clé dans l'acheminement des hydrocarbures entre l'Asie et l'Europe. « Frapper dans la région du Bab-el-Mandeb revient ainsi à toucher potentiellement des voies économiques vitales », souligne le ministère de la Défense sur son site. L'enjeu est considérable car ce détroit relie indirectement l'océan Atlantique, la mer Méditerranée et l'océan Indien.

« Toute interruption du trafic dans ce corridor aurait des répercussions majeures sur les chaînes d'approvisionnement mondiales et les prix de l'énergie », prévient Africa News. Les conséquences potentielles incluent :

  • Une perturbation significative du commerce maritime international
  • Une hausse des prix du pétrole et du gaz
  • Des tensions accrues sur les marchés énergétiques mondiaux
  • Des retards importants dans les chaînes logistiques

La dimension régionale des tensions

La menace iranienne prend une dimension particulière en raison de la présence, au Yémen, des rebelles houthis, alliés de Téhéran. Ces derniers ont déjà averti qu'ils pourraient s'en prendre aux navires des pays qu'ils accusent de viser les membres de ce qu'ils présentent comme « l'axe de la résistance », qui regroupe notamment l'Iran, le Liban, la Palestine et l'Irak.

La capacité de nuisance des Houthis dans la zone n'a plus rien de théorique. Dans la foulée du conflit israélo-palestinien de 2023, ils avaient multiplié les attaques contre des navires en mer Rouge. Si l'épicentre des affrontements reste concentré autour du Golfe persique, les armateurs redoutent désormais une reprise de ces actions à plusieurs centaines de kilomètres plus à l'ouest.

L'île de Kharg, autre point de friction

Cette séquence intervient aussi sur fond de tensions croissantes autour de l'île iranienne de Kharg, d'où transitent environ 90 % des exportations de brut du pays. Des médias américains ont évoqué l'hypothèse d'une opération américaine sur cette île afin de contraindre Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vendredi 20 mars, la Maison Blanche a assuré que l'armée américaine pouvait « neutraliser » Kharg si Donald Trump en donnait l'ordre. En réponse, le responsable militaire iranien cité par Tasnim a prévenu : « Si l'ennemi tente une action terrestre sur les îles iraniennes ou n'importe où ailleurs sur notre territoire, nous ouvrirons d'autres fronts en guise de 'surprise' ».

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Cette escalade multidimensionnelle place désormais Bab el-Mandeb, la « porte des lamentations », au cœur des préoccupations géostratégiques mondiales, avec la possibilité que ce détroit donne un nouveau relief à son nom dans le contexte des tensions actuelles.