En Iran, la pression monte pour sortir de la guerre avec les États-Unis
Iran : la pression monte pour sortir de la guerre

Le président iranien Masoud Pezeshkian a intensifié ses appels à mettre fin à la guerre avec les États-Unis, alors que la crise économique s'aggrave et que les négociations sont dans l'impasse. Vendredi 21 août, il a déclaré qu'il valait mieux conclure un accord tant que l'Iran est encore en position de « force et de dignité ». Dimanche, lors de deux interventions à Téhéran, il a insisté : l'Iran « ne peut pas continuer la guerre éternellement » et doit sortir de la situation de « ni guerre ni paix ».

Le président défend le mémorandum de juin

Masoud Pezeshkian a également défendu le mémorandum d'entente signé avec les États-Unis en juin, affirmant que tous les responsables impliqués dans les négociations le considéraient comme la meilleure option. « En mettant en œuvre ce mémorandum, nous pouvons résoudre les problèmes avec logique et dignité », a-t-il déclaré, selon l'agence officielle IRNA. L'accord s'est toutefois effondré le mois dernier.

Le président, deuxième personnage le plus important du régime après le Guide suprême, met en avant le coût économique de la poursuite du conflit. Ce dimanche, il a appelé le pouvoir à « être aux côtés du peuple », avertissant que même la plus grande puissance militaire ne suffirait pas si les Iraniens ne pouvaient plus vivre dignement. Son gouvernement tente de contenir l'inflation et les difficultés touchant les revenus, l'emploi et les conditions de vie.

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La pression économique américaine s'intensifie

Ces avertissements interviennent alors que Donald Trump prépare une nouvelle offensive de sanctions et a promis une campagne de « guerre économique » pour contraindre Téhéran à faire des concessions, notamment sur le détroit d'Ormuz. Le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a tenu un discours similaire jeudi 20 août à Bagdad : « Peu importe la puissance militaire dont nous disposons, si les gens ont faim et que nous n'avons pas de circulation financière, de croissance économique et de production nationale, nous ne survivrons pas. »

Le petit-fils du fondateur de la République islamique, l'ayatollah Seyyed Hassan Khomeini, a apporté son soutien à cette ligne le 23 août : « Parfois, un compromis sage peut obtenir davantage que des centaines de guerres. »

Les durs du régime refusent les concessions

Ces prises de position révèlent des divergences croissantes au sommet du régime. Le courant le plus dur, qui s'appuie sur les Gardiens de la révolution et les ultraconservateurs du mouvement Paydari, refuse de faire des concessions. Des figures comme le chef des Gardiens de la révolution, Ahmad Vahidi, ou le nouveau secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohsen Rezaei, défendent une ligne fondée sur le maintien de la pression militaire et le refus d'un compromis jugé trop favorable aux États-Unis.

Le désaccord persiste sur Ormuz

Pour certains observateurs, le débat porte moins sur la nécessité d'une issue que sur les conditions d'une négociation. L'obstacle principal reste le désaccord sur le détroit d'Ormuz. Le mémorandum de juin devait ouvrir une voie de désescalade, mais il s'est effondré après le différend sur le contrôle du trafic maritime. Les discussions de début août ont échoué lorsque les États-Unis ont refusé un accord qui ne garantirait pas une circulation sans entrave dans cette voie stratégique.

Donald Trump a déclaré le 21 août que Téhéran souhaitait un accord, mais n'était pas prêt à « conclure le bon accord ». Selon le Wall Street Journal, l'analyste iranien Hamidreza Azizi estime que la pression économique américaine risque de rendre plus difficile tout recul de Téhéran sans humiliation. Danny Citrinowicz, ancien responsable de la division Iran du renseignement militaire israélien, juge que « la probabilité d'une escalade augmente actuellement plutôt qu'elle ne diminue ».

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