Conflit Iran-Israël : l'escalade menace les infrastructures énergétiques mondiales
Iran-Israël : l'escalade menace l'énergie mondiale

Une escalade dangereuse dans le Golfe persique

La guerre menée par les États-Unis et Israël en Iran pourrait connaître un tournant décisif. Mercredi 18 mars, l'État hébreu a ciblé le champ gazier de South Pars, l'un des plus grands gisements de gaz naturel au monde, situé sur les bords du Golfe persique et partagé entre l'Iran et le Qatar. Bien que Tel Aviv n'ait pas revendiqué cette attaque, le président américain Donald Trump a confirmé la responsabilité israélienne.

Des représailles immédiates et massives

En réponse, Téhéran a lancé plusieurs salves de missiles vers les pays du Golfe, alliés de Washington. Tôt dans la matinée du 19 mars, le complexe de Ras Laffan au Qatar, qui abrite la plus grande usine de liquéfaction de gaz au monde, a été touché par des missiles iraniens. Selon l'opérateur public Qatar Energy, l'attaque a provoqué des incendies et infligé des dégâts considérables aux installations.

En Arabie saoudite, une attaque attribuée aux drones iraniens Shahed a entraîné la suspension des opérations au champ de Shah, situé à 180 kilomètres au sud d'Abu Dhabi. Ce site est exploité par une joint-venture entre une entreprise saoudienne et une compagnie américaine. Par ailleurs, une raffinerie de pétrole a également été touchée par un drone à Yanbu, sur les rives de la mer Rouge.

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Une stratégie qui change de dimension

Jusqu'à présent, les États-Unis et Israël s'étaient plutôt abstenus de cibler les installations énergétiques iraniennes pour éviter des représailles contre les industries pétrolières et gazières de la région. Le ciblage israélien du champ de South Pars représente donc une étape dangereuse et irresponsable selon Majed Al Ansari, conseiller du Premier ministre du Qatar.

Cet enchaînement de frappes sur des infrastructures énergétiques stratégiques fait redouter aux États du monde entier une nouvelle escalade dans le conflit. Depuis les premières frappes en Iran fin février, les marchés énergétiques mondiaux ont déjà été profondément bouleversés.

Des conséquences économiques immédiates et durables

Les prix du gaz ont augmenté de plus de 60% en Europe depuis le début des hostilités. Quelques heures après l'attaque iranienne sur Ras Laffan, le prix du gaz européen a bondi de 35% ce jeudi matin. Les marchés pétroliers ne se portent pas mieux : le cours du Brent, principale référence en Europe, a pris 5,89%, passant à 113,70 dollars le baril contre 70 dollars avant la guerre.

Des réactions internationales contrastées

Le président français Emmanuel Macron a dénoncé une escalade inconsidérée, appelant à des discussions directes entre Américains et Iraniens et même à un moratoire sur les frappes ciblant les infrastructures civiles, en particulier énergétiques et hydrauliques. Cette proposition a été immédiatement rejetée par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui regrette que la France se préoccupe des frappes contre les pays de la région mais pas de celles visant l'Iran.

Des impacts potentiels sur plusieurs années

Jusqu'à présent, l'inquiétude internationale se concentrait sur la possible fermeture du détroit d'Ormuz, par où transite normalement près de 20% du gaz naturel liquéfié mondial. Mais les attaques de mercredi ont ciblé les centres énergétiques les plus importants au monde, faisant craindre une guerre du pétrole et du gaz qui pourrait paralyser durablement l'économie internationale.

Si les frappes se multiplient, elles pourraient avoir des effets considérables sur les marchés pendant des années. Le complexe de Ras Laffan, déjà frappé par un missile début mars, avait interrompu sa production équivalente à près d'un cinquième de l'offre mondiale de GNL. Une attaque qui supprimerait la production de quelques millions de barils aurait un impact plus important, car cela signifierait qu'il n'y aurait aucun moyen de reconstituer les stocks même après la fin de la guerre, selon Saul Kavonic, analyste au MST Financial.

Frapper une installation de gaz naturel liquéfié serait le pire des scénarios, ajoute l'expert, car réparer l'installation pourrait prendre plusieurs années.

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Des menaces qui planent sur l'avenir

Face aux inquiétudes grandissantes, Donald Trump a déclaré mercredi soir que plus aucune attaque ne serait menée par Israël. Mais il a ajouté que si l'Iran frappait à nouveau le centre gazier du Qatar, les États-Unis détruiraient massivement l'intégralité du champ de gaz de South Pars avec une force et une puissance que l'Iran n'a jamais connues auparavant.

Cette escalade dans le ciblage des infrastructures énergétiques représente un tournant dangereux dans le conflit, avec des conséquences potentielles qui pourraient se faire sentir bien au-delà de la région du Golfe persique et affecter l'ensemble de l'économie mondiale pendant des années.