L'Iran a annoncé ce samedi 20 juin 2026 la fermeture imminente du détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial. Cette décision intervient en réaction aux attaques israéliennes au Liban, qui ont fait au moins 50 morts selon un bilan provisoire.
Une menace de représailles économiques
Le commandant en chef des Gardiens de la révolution, le général Hossein Salami, a déclaré dans un discours télévisé : "La fermeture du détroit d'Ormuz est une réponse légitime aux agressions répétées d'Israël contre nos alliés au Liban. Nous ne tolérerons pas que la sécurité de la région soit menacée."
Le détroit d'Ormuz, situé entre l'Iran et Oman, relie le golfe Persique au golfe d'Oman. Il est crucial pour les exportations de pétrole des pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït. Selon l'Agence internationale de l'énergie, environ 17 millions de barils de pétrole par jour transitent par ce passage.
Réactions internationales
Les États-Unis ont immédiatement réagi par la voix du secrétaire d'État Antony Blinken, qualifiant cette menace de "provocation dangereuse" et affirmant que Washington "prendra toutes les mesures nécessaires pour garantir la liberté de navigation". La Maison-Blanche a annoncé le déploiement de navires de guerre supplémentaires dans la région.
L'Union européenne a appelé à la désescalade, tandis que le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a exhorté les deux parties à éviter une escalade qui "aurait des conséquences catastrophiques pour l'économie mondiale".
Impact sur les marchés pétroliers
Les prix du pétrole brut ont bondi de plus de 8 % dès l'annonce, le baril de Brent dépassant les 95 dollars. Les analystes prévoient une hausse supplémentaire si la fermeture se confirme, ce qui pourrait entraîner une récession dans plusieurs économies dépendantes des importations pétrolières.
L'Iran avait déjà menacé de fermer le détroit d'Ormuz par le passé, notamment en 2019 après l'imposition de sanctions américaines. Cependant, cette menace n'avait jamais été mise à exécution de manière prolongée.
Contexte régional tendu
Les attaques israéliennes au Liban, qui ont visé des positions du Hezbollah, ont été condamnées par Téhéran, allié du mouvement chiite libanais. L'Iran considère ces frappes comme une agression directe contre son influence régionale. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, a déclaré que "la fermeture du détroit d'Ormuz est une option sur la table si les attaques ne cessent pas".
La communauté internationale craint une escalade militaire régionale impliquant plusieurs acteurs. Les experts estiment que la fermeture du détroit d'Ormuz pourrait déclencher un conflit naval entre l'Iran et les forces américaines stationnées dans le golfe Persique.



