L'Iran a annoncé dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12 juillet 2026 la fermeture «jusqu'à nouvel ordre» du détroit d'Ormuz, après avoir tiré sur un porte-conteneurs. L'armée américaine a répondu par une nouvelle vague de 140 frappes, suivie de répliques iraniennes contre des voisins du Golfe. Cette escalade remet en cause le cessez-le-feu théoriquement en vigueur entre les deux ennemis.
Des attaques aériennes au Koweït et aux Émirats arabes unis
Les autorités koweïtiennes et émiraties ont fait état dimanche matin d'attaques aériennes. Les sirènes d'alerte ont retenti au Bahreïn, et au Qatar, des journalistes de l'AFP ont entendu des explosions et assisté à des interceptions dans le ciel du sud de la capitale Doha. Les autorités qataries ont confirmé avoir intercepté des missiles. Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont déclaré dans un communiqué cité par les médias officiels avoir visé une base aérienne américaine au Qatar «en réponse aux attaques continues» des États-Unis. L'armée jordanienne a également annoncé que trois missiles iraniens étaient tombés sur son territoire à l'aube, sans faire de victimes.
Fermeture du détroit d'Ormuz
L'Iran avait annoncé plus tôt la fermeture «jusqu'à nouvel ordre» du détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps normal un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, après y avoir tiré sur un navire. «Plusieurs navires ont tenté d'emprunter une route non autorisée et ont ignoré nos avertissements et nos rappels», ont écrit les Gardiens dans un communiqué. «Un navire qui avait mis en danger la sécurité maritime en désactivant ses systèmes a été touché par des tirs d'avertissement et arrêté», ont-ils poursuivi.
Selon l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO, l'attaque a eu lieu à 9 milles nautiques (environ 17 km) à l'est de la péninsule de Moussandam, appartenant au sultanat d'Oman, et a causé un incendie à bord. «L'équipage a abandonné le navire et embarqué sur un canot de sauvetage», a-t-elle indiqué. Selon le Centcom, le navire touché est le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote. «Un membre d'équipage civil est porté disparu et le navire n'est pas en mesure de poursuivre sa route en raison d'un incendie à bord et de dégâts importants subis par la salle des machines», a-t-il détaillé.
«Le détroit d'Ormuz sera fermé jusqu'à nouvel ordre et jusqu'à la fin des interventions américaines dans cette région ; aucun navire ne sera autorisé à le traverser», ont écrit les Gardiens, qui ont par la suite annoncé avoir frappé «un deuxième navire qui violait les régulations dans le détroit d'Ormuz», sans plus de précisions. Jusqu'à présent, Téhéran autorise un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, et exclut tout retour à la situation d'avant-guerre.
140 frappes américaines en représailles
En retour, le Commandement central de l'armée américaine (Centcom) a annoncé avoir mené environ 140 frappes contre des cibles militaires en Iran, la troisième série depuis mardi, visant «des sites de missiles et de drones iraniens, des moyens navals, des dépôts de munitions, des réseaux de communication et des postes de surveillance côtière». Des médias iraniens ont fait état d'explosions dans le sud du pays, à Bandar Abbas, Sirik, Jask, sur l'île de Qeshm, ainsi que dans la province du Khouzistan, frontalière de l'Irak, sans signaler de victime dans l'immédiat.
«L'Iran a fait un mauvais choix. Maintenant ils paient», a écrit sur X le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth. Les États-Unis avaient déjà bombardé l'Iran dans la nuit de mardi à mercredi, puis au cours de la nuit suivante, après avoir imputé à Téhéran la responsabilité d'attaques contre des navires commerciaux. En représailles, l'Iran avait frappé des cibles au Koweït, à Bahreïn et au Qatar.
Menaces réciproques et appels à la retenue
Depuis la signature du protocole d'accord le 17 juin, le président américain Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que ce cessez-le-feu était «terminé» en raison des attaques iraniennes contre des navires, tout en autorisant la poursuite des pourparlers. Vendredi, Trump avait accusé l'Iran de vouloir le faire assassiner et promis «de décimer et de détruire complètement toutes les régions d'Iran» s'il tentait de le faire.
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a prévenu samedi que la «vengeance» était «inévitable» après les funérailles de son père et prédécesseur Ali Khamenei, tué au début des attaques israélo-américaines. «Ces criminels, dont les noms figurent sur une liste, emporteront dans leur tombe le souhait d'une mort paisible dans leur lit», a écrit Mojtaba Khamenei.
Le chef de la diplomatie pakistanaise a appelé à la «désescalade» et exhorté les parties à «faire preuve de retenue» lors d'un appel téléphonique dimanche avec son homologue iranien, selon un communiqué du ministère pakistanais des Affaires étrangères. Le ministre Ishaq Dar a «souligné que le dialogue et la diplomatie restaient la seule voie viable pour résoudre les différends et instaurer une paix et une stabilité durables dans la région».



