Iran : le gouvernement avertit les étudiants manifestants de ne pas franchir les « lignes rouges »
Iran : avertissement aux étudiants manifestants sur les « lignes rouges »

Iran : le gouvernement met en garde les étudiants manifestants contre le franchissement des « lignes rouges »

Le gouvernement iranien a émis, mardi 24 février, sa première réaction officielle depuis la reprise, samedi, d'un mouvement de contestation dans certaines universités du pays. La porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, a déclaré lors d'une conférence de presse hebdomadaire que les étudiants « ont naturellement le droit de manifester ». Cependant, elle a immédiatement ajouté un avertissement sévère, soulignant qu'il existe « des lignes rouges à protéger et à ne pas franchir, même au plus fort de la colère ».

Des exemples précis de limites à ne pas dépasser

Fatemeh Mohajerani a cité des exemples concrets de ces limites, notamment « les lieux sacrés et le drapeau » de la République islamique d'Iran. Cette déclaration intervient dans un contexte où des médias locaux ont diffusé des images montrant des étudiants brûlant le drapeau national adopté après la révolution de 1979, qui a renversé la monarchie. Ces actes symboliques ont été perçus comme une provocation directe par les autorités.

Contexte des rassemblements universitaires

Depuis la reprise des cours, samedi, des rassemblements étudiants, à la fois pro et antigouvernementaux, ont eu lieu dans plusieurs universités, en particulier à Téhéran. Certains de ces événements ont dégénéré en affrontements, s'inscrivant dans la continuité d'un vaste mouvement de protestation qui a débuté en décembre. Initialement axé sur des revendications économiques, ce mouvement a pris, début janvier, une tournure antipouvoir sans précédent, selon les observateurs.

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Bilan humain controversé des manifestations

Le bilan officiel des autorités iraniennes s'élève à plus de 3 000 morts depuis le début des troubles. Les autorités affirment que la grande majorité des victimes sont des membres des forces de sécurité ou des passants tués par ce qu'elles qualifient de « terroristes », qu'elles accusent d'être à la solde d'Israël et des États-Unis. En revanche, des organisations non gouvernementales basées à l'étranger, comme Human Rights Activists News Agency (HRANA) aux États-Unis, contestent ces chiffres. HRANA affirme que plus de 7 000 personnes ont été tuées, accusant les forces de sécurité d'avoir délibérément tiré sur les manifestants.

Cérémonie commémorative et tensions persistantes

Cette déclaration gouvernementale fait suite à une cérémonie commémorative organisée le 17 février à Téhéran, marquant le 40ᵉ jour de deuil des victimes du « terrorisme » tuées lors des précédentes manifestations. La porte-parole Fatemeh Mohajerani y était présente aux côtés du premier vice-président, Mohammad Reza Aref, illustrant l'importance que le régime accorde à ces événements. Les tensions restent vives, avec des appels à la modération de part et d'autre, mais aussi des risques d'escalade si les « lignes rouges » sont franchies.

Le gouvernement iranien semble ainsi chercher à équilibrer une tolérance limitée pour les manifestations étudiantes avec une fermeté absolue sur les symboles nationaux et religieux, dans un contexte de polarisation croissante et de contestation persistante au sein de la société iranienne.

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