Iran : après la mort de Khamenei, le CNRI prône un renversement par le peuple
Iran : après Khamenei, le CNRI mise sur le peuple pour le changement

Iran : après les frappes, la mort de Khamenei ne signifie pas la chute du régime

« La tête du serpent est tombée », déclare Afchine Alavi, membre du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), pour évoquer la mort d'Ali Khamenei suite aux frappes israéliennes et américaines sur l'Iran samedi. Ce représentant de ce « parlement en exil » fondé en 1981 se réjouit de « voir un tyran disparaître ». Cependant, il met en garde contre l'illusion d'un effondrement du régime des mollahs uniquement sous les coups des opérations militaires extérieures.

Le rôle crucial du peuple iranien

Pour Afchine Alavi, le peuple iranien est appelé à jouer un rôle central dans le renversement du régime. Le CNRI, un conseil de 456 membres représentant la pluralité de l'Iran – incluant musulmans chiites et sunnites, athées, marxistes, universitaires, scientifiques, Kurdes, Baloutches –, entend soutenir cette dynamique. « Sa disparition est saluée par les Iraniens en grande majorité, elle est accueillie avec joie. Mais sa disparition ne signifie pas la chute du régime », insiste-t-il.

Il explique qu'en quarante-sept ans, le régime a construit un système économico-militaire-répressif où l'argent afflue vers les Gardiens de la Révolution et les mollahs. « Ces gens qui ont des privilèges espèrent les conserver. Il est illusoire de penser que sous les frappes la population va se soulever alors qu'un de ses soucis est de se préserver des bombardements, de tenter de secourir les civils touchés. »

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Les options pour l'avenir de l'Iran

Trois scénarios sont envisageables selon Alavi. Premièrement, l'option « fictive » d'un effondrement suivi d'un retour monarchique, incarné par Reza Pahlavi. « Pahlavi n'est pas un fédérateur, c'est un facteur de division », estime-t-il, rappelant que la monarchie est associée à la dictature et aux persécutions pour de nombreuses communautés.

Deuxièmement, une solution de compromis avec des interlocuteurs du régime, exigeant des concessions sur le nucléaire tout en préservant le système. « Ce n'est pas plausible car le régime est extrêmement affaibli, la population l'a montré durant les différents soulèvements depuis 2017. Aucune faction du régime, ni les réformateurs ni les conservateurs, n'a du crédit auprès du peuple. »

Troisièmement, l'option défendue par le CNRI : un renversement par le peuple et sa résistance intérieure. « Le renversement ne peut provenir d'une guerre de l'extérieur mais par le peuple et sa résistance. » Il cite les unités de résistance comme les moudjahiddines du peuple et les groupes organisés au sein des communautés kurdes ou baloutches, notant un rapprochement de ces forces.

Le CNRI et la crainte des représailles

Samedi, le CNRI a proclamé la constitution d'un gouvernement provisoire, avec pour tâche principale l'organisation d'élections au suffrage universel dans un délai de six mois, basé sur le plan en dix points de Maryam Radjavi. Alavi alerte sur les risques de représailles du régime, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. « Le régime continue de frapper. On a vu ses répliques sauvages contre les pays de la région. Il est capable de sévir en ce qui concerne la répression. » Il conclut : « C'est pour ça qu'il ne faut pas lui donner de répit pour que le peuple arrive à réagir. Il faut le soutenir. »

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