Les funérailles de l'ancien guide suprême iranien, Ali Khamenei, décédé le 4 juillet 2026 à l'âge de 87 ans, ont eu lieu ce lundi 6 juillet à Téhéran. Une absence de taille a marqué la cérémonie : celle de son fils, Mojtaba Khamenei, pourtant désigné comme son successeur à la tête de l'État iranien. Cette absence inattendue a immédiatement alimenté les spéculations sur d'éventuelles dissensions au sein du régime ou des problèmes de santé de l'héritier présomptif.
Un enterrement sous haute tension
Des millions de personnes ont afflué dans les rues de Téhéran pour rendre un dernier hommage à Ali Khamenei, qui a dirigé l'Iran pendant 37 ans. L'événement, retransmis en direct à la télévision d'État, a rassemblé les plus hauts dignitaires du pays, dont le président Ebrahim Raïssi et le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni-Ejei. Pourtant, le cercueil de Khamenei a été porté sans la présence de son fils, une image qui a frappé les observateurs.
Mojtaba Khamenei : un successeur invisible ?
Mojtaba Khamenei, âgé de 56 ans, était considéré comme le successeur naturel de son père depuis des années. Il occupait le poste de chef du bureau du guide suprême et était membre de l'Assemblée des experts, l'organe chargé de désigner le guide. Son absence aux funérailles a immédiatement suscité des interrogations. Selon des sources proches du régime, citées par l'agence de presse Reuters, Mojtaba Khamenei serait « en mauvaise santé » et aurait été hospitalisé la veille. Aucune confirmation officielle n'a été apportée par les autorités iraniennes.
Des rumeurs de lutte de pouvoir
L'absence de Mojtaba Khamenei a relancé les rumeurs de tensions au sein de la direction iranienne. Certains analystes estiment que le fils de l'ancien guide pourrait faire face à une opposition interne, notamment de la part des Gardiens de la révolution. « L'absence de Mojtaba est un signe que la succession ne se déroule pas sans heurts », a déclaré à l'AFP un chercheur basé à Téhéran, sous couvert d'anonymat. « Le régime a besoin de montrer une image d'unité en ces temps de crise, et cette absence est embarrassante. »
Une foule en deuil mais des questions
Dans les rues de Téhéran, la foule en deuil n'a pas manqué de remarquer l'absence du fils du guide. « Où est Mojtaba ? », a demandé un homme de 45 ans, interrogé par Le Monde. « Nous sommes venus pour honorer notre guide, mais nous voulons aussi savoir qui va le remplacer. » Environ 5 millions de personnes ont participé aux funérailles, selon les chiffres officiels, un nombre inférieur aux 10 millions attendus par les autorités.
La question de la succession
La Constitution iranienne prévoit que l'Assemblée des experts se réunisse pour élire le nouveau guide suprême dans un délai de 50 jours. Cependant, en l'absence de Mojtaba Khamenei, la procédure pourrait être retardée. Selon des sources diplomatiques, le nom de Mojtaba Khamenei circule toujours comme favori, mais d'autres figures, comme le président Raïssi ou le chef des Gardiens de la révolution, Hossein Salami, pourraient être candidates. L'ayatollah Ahmad Khatami, membre de l'Assemblée des experts, a déclaré à la télévision d'État que « le processus de succession suivra son cours normal et que le peuple iranien fera le bon choix ». Mais l'absence du principal héritier jette un doute sur la stabilité future du régime.



