Le conflit au Moyen-Orient pourrait bientôt s'étendre à un nouveau front, avec l'implication croissante des Houthis, un groupe rebelle yéménite allié de l'Iran. Selon des sources diplomatiques, les Houthis ont intensifié leurs menaces contre Israël, annonçant des attaques de drones et de missiles en représailles aux frappes israéliennes à Gaza.
Une escalade annoncée
Depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023, les Houthis ont multiplié les déclarations hostiles. Leur chef, Abdel-Malek al-Houthi, a déclaré le 16 juillet 2024 que son groupe était prêt à frapper des cibles israéliennes. « Nous avons les moyens de toucher le cœur d'Israël », a-t-il affirmé lors d'un discours retransmis par la télévision Al-Masirah. Les Houthis disposent de missiles balistiques et de drones, dont certains auraient une portée de plus de 2 000 kilomètres.
Le rôle de l'Iran
L'Iran, principal soutien des Houthis, voit dans ce groupe un levier pour déstabiliser Israël et ses alliés. Téhéran fournit armes, formation et financement aux rebelles yéménites. Selon un rapport de l'ONU de janvier 2024, les transferts d'armes iraniennes vers le Yémen ont augmenté de 30 % par rapport à l'année précédente. Un responsable américain, sous couvert d'anonymat, a confié au journal Le Monde que « l'Iran utilise les Houthis pour ouvrir un second front contre Israël, sans s'engager directement ».
Des attaques déjà en cours
Les Houthis ont déjà mené plusieurs attaques contre des navires en mer Rouge, qu'ils accusent d'être liés à Israël. Le 15 juillet 2024, ils ont revendiqué une attaque de drone contre un pétrolier au large du Yémen. Selon l'agence de presse Reuters, ces actions ont perturbé le trafic maritime dans la région, entraînant une hausse des primes d'assurance pour les navires transitant par le détroit de Bab el-Mandeb.
Réactions internationales
La communauté internationale s'inquiète de cette escalade. Les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans la région, déployant un porte-avions en mer Rouge. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé à la retenue, craignant un embrasement régional. « Chaque nouveau front aggrave la crise humanitaire et rend la paix plus lointaine », a-t-il déclaré le 17 juillet.
Conséquences pour le Yémen
L'implication des Houthis dans le conflit israélo-palestinien pourrait avoir des répercussions sur la guerre civile au Yémen, où un cessez-le-feu fragile est en place depuis 2022. Selon l'ONG Human Rights Watch, une intensification des combats risquerait de plonger le pays dans une nouvelle catastrophe humanitaire, alors que 21 millions de Yéménites ont besoin d'aide.



