Reprise des hostilités entre Américains et Iraniens dans le détroit d'Ormuz
Hostilités USA-Iran : le détroit d'Ormuz fermé

L'Iran a lancé dimanche des missiles et des drones contre ses voisins du Golfe en représailles à de nouvelles frappes américaines, intervenues après l'attaque par les forces iraniennes d'un navire marchand qui a été abandonné en flammes par son équipage dans le détroit d'Ormuz.

Une escalade après l'attaque du GFS Galaxy

Selon l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO, l'attaque a eu lieu à 9 milles nautiques (environ 17 km) à l'est de la péninsule de Moussandam, appartenant au sultanat d'Oman, et a causé un incendie à bord. « L'équipage a abandonné le navire et embarqué sur un canot de sauvetage », a-t-elle indiqué. Le Commandement central de l'armée américaine (Centcom) a identifié le navire comme étant le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote. « Un membre d'équipage civil est porté disparu et le navire n'est pas en mesure de poursuivre sa route en raison d'un incendie à bord et de dégâts importants subis par la salle des machines », a détaillé le Centcom.

140 frappes américaines en représailles

En retour, le Centcom a annoncé avoir mené environ 140 frappes contre des cibles militaires en Iran, la troisième série depuis mardi, visant « des sites de missiles et de drones iraniens, des moyens navals, des dépôts de munitions, des réseaux de communication et des postes de surveillance côtière ». Des médias iraniens ont fait état d'explosions dans le sud du pays, à Bandar Abbas, Sirik, Jask, sur l'île de Qeshm, ainsi que dans la province du Khouzistan, frontalière de l'Irak, sans signaler de victime dans l'immédiat.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Fermeture du détroit d'Ormuz

Les Gardiens de la Révolution, armée officielle de l'Iran, ont déclaré dans un communiqué cité par les médias officiels qu'ils avaient visé une base aérienne américaine au Qatar « en réponse aux attaques continues » des Etats-Unis. Plus tôt, l'Iran avait annoncé la fermeture « jusqu'à nouvel ordre » du détroit d'Ormuz, par lequel transitait en temps normal un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, après y avoir tiré sur un navire. « Plusieurs navires ont tenté d'emprunter une route non autorisée et ont ignoré nos avertissements et nos rappels », ont écrit les Gardiens. « Un navire qui avait mis en danger la sécurité maritime en désactivant ses systèmes a été touché par des tirs d'avertissement et arrêté », ont-ils poursuivi.

Réactions des pays du Golfe

Au Koweït et aux Emirats arabes unis, les autorités ont dit faire face dimanche matin à des attaques aériennes. Les sirènes d'alerte ont retenti au Bahreïn, et au Qatar, des journalistes de l'AFP ont entendu des explosions et assisté à des interceptions dans le ciel du sud de la capitale Doha. Les autorités de l'émirat ont confirmé avoir intercepté des missiles.

Menaces et cessez-le-feu compromis

Cette reprise des hostilités, assortie de l'annonce par Téhéran d'une nouvelle fermeture du détroit, met une fois de plus à mal le cessez-le-feu théoriquement en vigueur entre les deux ennemis, qui ont échangé ces derniers jours des menaces de vengeance et de destruction totale. Washington et Téhéran ont signé le 17 juin un protocole d'accord, assorti d'un cessez-le-feu, se donnant 60 jours pour trouver une fin définitive à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran. Depuis, le président américain Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que ce cessez-le-feu était « terminé » en raison des attaques iraniennes contre des navires, tout en autorisant la poursuite des pourparlers avec l'Iran.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Vengeance et menaces de destruction

« L'Iran a fait un mauvais choix. Maintenant ils paient », a écrit sur X le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth. Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a par ailleurs prévenu samedi que la « vengeance » était « inévitable » après les funérailles de son père et prédécesseur Ali Khamenei, tué au début des attaques israélo-américaines. « Ces criminels, dont les noms figurent sur une liste, emporteront dans leur tombe le souhait d'une mort paisible dans leur lit », a écrit Mojtaba Khamenei, désigné guide suprême en mars, mais qui n'est pas apparu en public depuis. Vendredi, Donald Trump avait accusé l'Iran de vouloir le faire assassiner, et promis une nouvelle fois « de décimer et de détruire complètement toutes les régions d'Iran » s'il tentait de le faire.