Hongrie : le Parlement rejette la sortie de la CPI voulue par Orbán
Hongrie : le Parlement rejette la sortie de la CPI

Le Parlement hongrois a rejeté, mercredi 27 mai 2026, la proposition du Premier ministre Viktor Orbán de quitter la Cour pénale internationale (CPI). Cette décision constitue un revers politique pour le dirigeant nationaliste, qui avait fait de cette sortie un élément clé de son discours souverainiste.

Un vote inattendu

Par 124 voix contre 76, les députés ont voté contre le projet de loi visant à dénoncer le Statut de Rome, traité fondateur de la CPI. Le texte avait été présenté par le gouvernement Orbán en avril dernier, arguant que la CPI menaçait la souveraineté hongroise et qu'elle était devenue un instrument politique contre certains pays.

L'opposition, unie contre le projet, a salué un vote historique. « La Hongrie reste attachée à la justice internationale et à la lutte contre l'impunité », a déclaré le chef du groupe socialiste. Plusieurs députés de la majorité ont également voté contre, malgré la consigne du parti Fidesz.

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Les raisons du rejet

Plusieurs facteurs expliquent ce rejet. D'une part, des voix dissidentes au sein de la majorité se sont élevées contre une décision qui aurait isolé diplomatiquement la Hongrie. D'autre part, des pressions internationales, notamment de l'Union européenne et des États-Unis, ont pesé. Bruxelles avait menacé de sanctions financières en cas de sortie de la CPI.

Enfin, des organisations de défense des droits humains ont mené une campagne active pour convaincre les parlementaires. « Ce vote montre que la société civile hongroise et une partie de la classe politique refusent de tourner le dos à la justice universelle », a commenté un représentant d'Amnesty International.

Un revers pour Orbán

Pour Viktor Orbán, ce vote est un échec personnel. Le Premier ministre, qui brigue un quatrième mandat, avait fait de la souveraineté nationale un thème central de sa campagne. La sortie de la CPI devait symboliser son rejet des institutions internationales jugées trop intrusives.

Le gouvernement a annoncé qu'il respecterait la décision du Parlement, mais n'exclut pas de revenir sur le sujet après les élections législatives prévues en 2027. En attendant, la Hongrie reste membre de la CPI, une décision qui apaise les tensions avec ses partenaires européens.

Réactions internationales

La communauté internationale a accueilli favorablement le vote hongrois. Le secrétaire général de l'ONU a salué « un signe fort en faveur du multilatéralisme ». L'Union européenne, par la voix de sa présidente, a exprimé sa satisfaction, rappelant que la CPI est un pilier de l'ordre juridique international.

Les États-Unis, qui ne sont pas membres de la CPI, ont toutefois soutenu la décision hongroise, estimant qu'elle renforce la coopération judiciaire mondiale. En revanche, la Russie, qui a quitté la CPI en 2016, a critiqué le vote, y voyant une soumission aux pressions occidentales.

Ce rejet parlementaire marque un tournant dans la politique étrangère hongroise, même si Viktor Orbán conserve une majorité au Parlement. L'avenir de la relation entre Budapest et la CPI semble désormais assuré, du moins jusqu'à la prochaine échéance électorale.

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