Dans une tribune publiée dans Libération, l'historien Pierre Hazan et le philosophe Jean-Christophe Attias lancent un appel vibrant pour la paix au Proche-Orient. Face à l'escalade de la violence entre Israéliens et Palestiniens, ils exhortent les acteurs régionaux et internationaux à privilégier la voie de la justice et du dialogue.
Un appel à la justice comme fondement de la paix
Les auteurs estiment que la paix durable ne peut advenir sans une reconnaissance des souffrances de chaque camp. Ils soulignent que « la justice doit être le pilier de toute réconciliation », citant l'importance de la vérité et de la réparation des torts. Selon eux, les initiatives diplomatiques échouent souvent car elles ignorent les dimensions éthiques et historiques du conflit.
Hazan et Attias rappellent que le conflit israélo-palestinien est marqué par des décennies d'occupation, de déplacements forcés et de violences. Ils insistent sur la nécessité de « rompre avec le cycle de la vengeance » en instaurant des mécanismes de justice transitionnelle, à l'image de ceux mis en place en Afrique du Sud ou au Rwanda.
Le rôle des intellectuels et de la société civile
Les deux penseurs appellent les intellectuels, les artistes et les citoyens à s'engager activement pour la paix. Ils dénoncent la « paralysie des élites politiques » et encouragent la société civile à se mobiliser pour faire pression sur les gouvernements. « Les voix de la raison et de l'humanité doivent être entendues au-dessus des slogans de haine », écrivent-ils.
Ils mettent en avant des exemples concrets de dialogues intercommunautaires qui ont porté leurs fruits, comme les rencontres entre anciens combattants ou les projets éducatifs communs. Selon eux, ces initiatives locales sont « les germes d'une paix future ».
Un contexte de tensions croissantes
La tribune intervient alors que les violences au Proche-Orient ont connu une recrudescence ces derniers mois. Selon les données de l'ONU, plus de 200 Palestiniens et 30 Israéliens ont été tués en 2024 dans des affrontements. Hazan et Attias déplorent que « chaque cycle de violence enterre un peu plus l'espoir d'une coexistence pacifique ».
Ils critiquent également la communauté internationale pour son inaction, accusant les grandes puissances de « se contenter de condamnations sans conséquences ». Pour eux, une médiation efficace doit inclure des garanties de sécurité pour les deux peuples et un calendrier clair pour la fin de l'occupation.
Une vision pour l'avenir
En conclusion, Pierre Hazan et Jean-Christophe Attias appellent à un « sursaut moral et politique ». Ils proposent la création d'une commission internationale pour la justice et la réconciliation, qui aurait pour mission de documenter les violations des droits humains et de proposer des réparations. « Que la justice advienne, pour que la paix ne soit plus un vœu pieux mais une réalité tangible », écrivent-ils.
Cette tribune, signée par plusieurs personnalités, a déjà recueilli plus de 500 signatures en ligne. Les auteurs espèrent qu'elle suscitera un débat public et incitera les dirigeants à agir. « Il est temps de transformer les paroles en actes », concluent-ils.



