Les côtes européennes sont devenues la cible de go-fast, ces hors-bords ultra-rapides chargés de cocaïne, qui débarquent leur cargaison sous le nez des autorités. Ce phénomène, décrit comme "Mad Max sur l'océan" par les garde-côtes, prend une ampleur inquiétante.
Une menace croissante pour les côtes européennes
Selon un rapport de l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex), les interceptions de go-fast ont augmenté de 40% en 2025 par rapport à l'année précédente. Ces embarcations, capables d'atteindre des vitesses de 80 km/h, transportent jusqu'à 2 tonnes de cocaïne par voyage.
Les trafiquants utilisent des itinéraires de plus en plus audacieux, naviguant depuis les côtes sud-américaines jusqu'aux côtes espagnoles, portugaises et françaises. Les go-fast sont souvent équipés de moteurs puissants et de systèmes de navigation sophistiqués pour échapper à la surveillance.
Des opérations de débarquement éclair
Les débarquements se déroulent en quelques minutes, souvent de nuit, sur des plages isolées ou des criques. Les équipes de déchargement, composées de plusieurs hommes, transfèrent la drogue vers des véhicules tout-terrain qui disparaissent rapidement dans les terres. Un officier de la Marine nationale française a confié : "C'est une course contre la montre. Ils sont organisés comme des commandos."
En juin 2026, une opération conjointe entre les polices espagnole et française a permis de saisir 1,5 tonne de cocaïne sur une plage de la Costa Brava. Les trafiquants ont abandonné leur cargaison et pris la fuite à bord d'un go-fast.
Des moyens de lutte renforcés mais insuffisants
Les autorités européennes tentent de s'adapter en déployant des drones de surveillance et des vedettes rapides. Cependant, les trafiquants innovent constamment. "Ils utilisent des sous-marins de poche et des semi-submersibles pour éviter la détection radar", explique un expert de l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS).
En 2025, les saisies de cocaïne en Europe ont atteint un record de 250 tonnes, mais les estimations suggèrent que cela ne représente que 30% du trafic total. Les go-fast jouent un rôle clé dans ce commerce illicite, qui alimente les marchés européens.
Un défi pour la sécurité intérieure
Cette vague de trafic maritime a des conséquences directes sur la sécurité intérieure des États membres. La cocaïne inonde les villes européennes, alimentant la violence et la criminalité organisée. Les autorités appellent à une coordination renforcée entre les pays, notamment via l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) et Europol.
"C'est Mad Max sur l'océan", a résumé un garde-côte espagnol, soulignant le caractère spectaculaire et dangereux de ces opérations. La réponse européenne doit être à la hauteur du défi, sous peine de voir les côtes devenir la porte d'entrée d'un fléau grandissant.



