Gaza : les zones pilotes de reconstruction ne convainquent pas les habitants
Gaza : zones pilotes de reconstruction, un simulacre

Alors que la bande de Gaza panse encore ses plaies après les bombardements de 2025, les autorités locales et les bailleurs internationaux ont lancé des « zones pilotes » de reconstruction. Mais sur le terrain, l’initiative peine à convaincre une population exsangue, qui y voit davantage un effet d’annonce qu’un véritable renouveau.

Un projet limité à quelques quartiers

Ces zones pilotes, censées servir de vitrine à la reconstruction, ne couvrent que 2 % du territoire urbain détruit, selon le ministère des Travaux publics de Gaza. Dans le quartier d’Al-Rimal, l’un des plus touchés, seulement 300 logements sur 12 000 détruits ont été partiellement réparés. « On nous montre quelques bâtiments rafistolés, mais autour, tout est encore en ruines », témoigne Ahmed, un habitant de 45 ans.

Des promesses sans lendemain

La communauté internationale, réunie en conférence des donateurs en mars 2026, avait promis 5 milliards de dollars. À ce jour, moins de 15 % des fonds ont été débloqués. « La reconstruction est un processus politique, pas technique », dénonce Omar al-Masri, coordinateur humanitaire à l’ONG Palestine Aid. « Les habitants attendent des écoles, des hôpitaux, de l’eau potable. Mais on leur offre des murs repeints. »

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Un sentiment d’abandon

Dans le camp de réfugiés de Jabaliya, la situation est encore plus critique. Les familles survivent dans des abris de fortune. « On nous a dit que nous serions prioritaires, mais nous n’avons vu aucun camion de matériaux », raconte Oum Khaled, mère de six enfants. Une enquête menée par l’UNRWA en juin 2026 révèle que 87 % des Gazaouis estiment que la reconstruction est « insuffisante ou inexistante ».

Les raisons d’un échec annoncé

Les restrictions d’accès aux matériaux de construction, la pénurie de carburant et le blocus israélien sont pointés du doigt. « Les autorités israéliennes n’autorisent l’entrée que de 200 camions par semaine, alors qu’il en faudrait 1 000 pour une reprise sérieuse », précise le rapport de l’ONG Gisha. Par ailleurs, la coordination entre le Hamas, l’Autorité palestinienne et les donateurs est quasi inexistante.

Un avenir incertain

Face à l’ampleur des destructions – 70 % du parc immobilier est touché – les zones pilotes apparaissent comme une goutte d’eau dans un océan de besoins. « Ce n’est pas une reconstruction, c’est une opération de relations publiques », conclut Ahmed. Alors que l’été 2026 s’achève, les Gazaouis attendent des actes, pas des simulacres.

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