À Gaza, le traumatisme des enfants mutilés par la guerre
Gaza : le traumatisme des enfants mutilés de guerre

Depuis le début du conflit, des centaines d'enfants à Gaza ont été amputés. Selon l'UNICEF, plus de 1 000 enfants ont perdu un ou plusieurs membres depuis octobre 2023. Beaucoup d'entre eux souffrent en silence, refusant de se plaindre des douleurs causées par leurs prothèses, de peur d'être perçus comme différents.

Un silence imposé par la peur du rejet

« Ma prothèse me fait mal, mais je supporte pour ne pas montrer que je suis différent », confie Ahmed, 12 ans, qui a perdu sa jambe gauche dans un bombardement. Comme lui, de nombreux enfants amputés à Gaza cachent leur souffrance. « Ils ont peur d'être exclus, d'être vus comme des fardeaux », explique le docteur Mahmoud Al-Hams, chirurgien orthopédiste à l'hôpital Al-Shifa de Gaza.

Les prothèses, souvent de mauvaise qualité et mal ajustées, provoquent des escarres et des infections. « Nous manquons de matériel et de personnel qualifié », déplore le docteur Al-Hams. « Les enfants reçoivent des prothèses de base, sans suivi adapté. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un traumatisme psychologique profond

Au-delà de la douleur physique, ces enfants subissent un lourd traumatisme psychologique. « Ils ont perdu non seulement un membre, mais aussi leur insouciance », témoigne Rana Al-Najjar, psychologue à l'ONG Médecins Sans Frontières. « Beaucoup font des cauchemars, refusent de sortir de chez eux, et certains ont des pensées suicidaires. »

Selon une étude de l'OMS, 70 % des enfants amputés à Gaza présentent des symptômes de stress post-traumatique sévère. « Leur quotidien est marqué par la peur, la douleur et le sentiment d'injustice », ajoute Rana Al-Najjar.

Un accès aux soins limité

Le blocus de Gaza et la pénurie de carburant entravent l'accès aux soins. « Les patients doivent souvent parcourir des kilomètres à pied pour se rendre à l'hôpital », souligne le docteur Al-Hams. « Et une fois sur place, les médicaments et les équipements manquent. »

Les organisations humanitaires peinent à fournir une aide suffisante. « Nous faisons face à des restrictions d'accès et à des financements insuffisants », déplore un responsable de l'UNICEF sous couvert d'anonymat. « La situation est catastrophique. »

Des initiatives pour briser le silence

Des associations locales tentent de briser le tabou autour du handicap. « Nous organisons des groupes de parole pour que les enfants puissent exprimer leur souffrance », explique Rana Al-Najjar. « Il est essentiel qu'ils se sentent acceptés et soutenus. »

Des ateliers de fabrication de prothèses plus adaptées sont également mis en place. « Nous utilisons des matériaux locaux pour créer des prothèses plus confortables », indique un ingénieur biomédical de l'ONG Humanité & Inclusion. « Mais les besoins sont immenses. »

Malgré ces efforts, la plupart des enfants amputés continuent de souffrir en silence. « Je veux juste être comme les autres », murmure Ahmed. « Mais je sais que je ne serai plus jamais comme avant. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale