Gaza : l'Afrique du Sud accuse Israël de violer les ordonnances de la CIJ
Gaza : l'Afrique du Sud accuse Israël devant la CIJ

L'Afrique du Sud a officiellement saisi la Cour internationale de justice (CIJ) pour dénoncer le non-respect par Israël des ordonnances rendues dans le cadre de la procédure pour génocide à Gaza. Dans une requête déposée jeudi 28 août, Pretoria demande à la plus haute juridiction de l'ONU d'ordonner des mesures supplémentaires pour protéger les Palestiniens, alors que la situation humanitaire dans l'enclave continue de se détériorer.

Une nouvelle requête fondée sur des violations répétées

Selon le texte de la requête consulté par Le Monde, l'Afrique du Sud affirme qu'Israël a violé les trois séries d'ordonnances rendues par la CIJ depuis janvier, notamment celles exigeant la prévention d'actes de génocide, l'acheminement de l'aide humanitaire et la fin des opérations militaires à Rafah. Pretoria souligne que les frappes israéliennes ont tué des dizaines de milliers de personnes, dont une grande majorité de femmes et d'enfants, et forcé près de deux millions de Gazaouis à se déplacer.

La requête sud-africaine demande à la Cour d'ordonner à Israël de se retirer immédiatement de Rafah, d'ouvrir tous les points de passage pour l'aide humanitaire, et de garantir l'accès des enquêteurs internationaux. Elle réclame également la protection des journalistes et des travailleurs humanitaires, ainsi que la préservation des preuves de violations potentielles.

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La position israélienne et le contexte procédural

Israël a rejeté ces accusations, qualifiant la requête de « diffamatoire » et réaffirmant son droit à se défendre après l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Les autorités israéliennes soutiennent que leurs opérations respectent le droit international et que la CIJ n'a pas compétence pour contraindre un État à cesser des actions militaires défensives.

La CIJ, dont les arrêts sont juridiquement contraignants mais ne disposent d'aucun mécanisme d'exécution, a déjà ordonné à trois reprises à Israël de prendre des mesures provisoires. En janvier, elle a exigé la prévention d'actes de génocide ; en mars, l'acheminement de l'aide humanitaire ; et en mai, l'arrêt de l'offensive à Rafah. Malgré ces ordonnances, l'offensive israélienne s'est poursuivie, provoquant une crise humanitaire sans précédent.

Une procédure qui pourrait prendre des années

La demande de mesures supplémentaires s'inscrit dans une procédure plus large introduite par l'Afrique du Sud en décembre 2023, accusant Israël de violer la convention sur le génocide de 1948. Le jugement sur le fond pourrait prendre plusieurs années, mais les mesures provisoires sont examinées en urgence.

Les audiences sur cette nouvelle requête pourraient se tenir dans les prochaines semaines. Si la Cour donne raison à l'Afrique du Sud, elle renforcerait la pression internationale sur Israël, mais sans mécanisme de contrainte, son impact réel dépendra de la volonté des États membres de l'ONU de faire respecter ses ordonnances.

En attendant, la situation à Gaza demeure catastrophique : selon le ministère de la Santé de Gaza, plus de 40 000 Palestiniens ont été tués depuis le début de la guerre, et la quasi-totalité de la population est déplacée, vivant dans des conditions de pénurie extrême. L'Afrique du Sud, qui a déjà porté l'affaire devant la CIJ, espère que ces nouvelles mesures contraindront Israël à changer de comportement, mais les observateurs restent prudents quant à l'issue réelle de cette procédure.

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