Une Gazaouie de 18 ans obtient 99,9% au bac malgré la guerre
Gaza: 99,9% au bac malgré la guerre et les déplacements

Dans les cendres et la misère de la bande de Gaza, une adolescente de 18 ans, Saba Rabah, a brillé de mille feux. Elle a obtenu la note de 99,9% au Tawjihi, l’équivalent du baccalauréat palestinien, se classant première au niveau national dans la filière scientifique. Plus de 25 000 lycéens étaient inscrits à cet examen, le premier à se tenir dans les Territoires palestiniens depuis le début des bombardements israéliens en octobre 2023.

Un exploit dans un contexte de destruction

Depuis le début de la guerre, une grande majorité des établissements scolaires de Gaza ont été endommagés ou détruits. Des dizaines de milliers d’enfants se retrouvent privés d’accès à l’éducation. Les rares écoles encore debout ont été transformées en centres d’accueil surpeuplés pour des centaines de milliers de familles déplacées. Malgré ces conditions, Saba Rabah a poursuivi ses études avec détermination.

Peu avant les épreuves, elle a dû fuir son logement provisoire dans le camp de réfugiés d’al-Maghazi, après le bombardement d’une maison voisine. « Les nombreux déplacements, la peur […] Notre maison détruite. J’ai perdu la moitié de mes livres, mais je n’ai jamais renoncé à mes objectifs », a-t-elle confié lors d’une cérémonie en son honneur à Maghazi. Privée d’électricité, elle étudiait chaque nuit à la lumière de son téléphone portable.

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La joie après des mois de deuil

L’annonce des résultats a provoqué une explosion de joie dans son entourage. Sa mère, Feryal Ahmed Rabah, 52 ans, a déclaré : « Cette joie est indescriptible. Je m’attendais à ce qu’elle figure parmi les très bons élèves, mais elle est devenue la meilleure de toute la Palestine, et ce sentiment est impossible à exprimer avec des mots. » Des jeunes hommes ont dansé au rythme des tambours, tandis que la famille et les voisins applaudissaient et embrassaient la jeune femme.

Saba Rabah a dédié sa réussite à son père, un enseignant des écoles de l’UNRWA (agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens), tué lors d’une frappe aérienne israélienne en juin 2024. Son portrait, accroché au mur de la maison, était entouré de fleurs. « Mon plus grand espoir est que tous mes efforts soient reconnus et que j’obtienne une bourse d’études », a-t-elle confié. Elle ambitionne d’intégrer la faculté de médecine, réalisant ainsi « le rêve que mon père avait pour moi ».

Un symbole de résilience

Ce succès exceptionnel intervient dans un contexte où le système éducatif palestinien est gravement fragilisé. Selon l’UNRWA, plus de 80% des écoles de Gaza ont été endommagées ou détruites. L’examen du Tawjihi, qui ouvre les portes de l’université, représente pour de nombreux jeunes un espoir d’avenir. La performance de Saba Rabah est saluée comme un acte de résistance et de persévérance face à l’adversité.

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