Le froid comme arme de guerre en Ukraine
À Kiev, dans le quartier de Troieshchyna, en cette soirée du 12 février, les habitants disposent d'électricité mais sont privés de chauffage central. Malgré cette situation difficile, de nombreux résidents choisissent de rester chez eux, se réchauffant grâce à des chauffages électriques de fortune. Cette scène illustre la réalité quotidienne de centaines de milliers d'Ukrainiens confrontés à un hiver particulièrement rigoureux.
Une stratégie délibérée de la Russie
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a dénoncé avec fermeté cette situation : « La Russie utilise le froid comme une arme de guerre ». Cet hiver, les attaques ciblées et répétées contre le réseau énergétique ukrainien ont plongé des régions entières dans le noir et le froid, avec des températures descendant régulièrement sous les -20°C.
La capitale Kiev a été particulièrement touchée, où jusqu'à la moitié de la ville a subi des coupures d'électricité prolongées. Les infrastructures énergétiques, systématiquement visées par les frappes russes, peinent à fournir les services essentiels à la population civile.
Les récentes attaques et leurs conséquences
Dans la nuit du 20 au 21 février, les forces russes ont lancé une offensive massive comprenant :
- Un missile balistique Iskander-M
- 120 drones de combat, dont 106 ont été interceptés
- 13 drones ayant touché 11 sites différents
À Odessa, une personne a été blessée et plusieurs bâtiments endommagés, dont quatre immeubles d'habitation et un établissement scolaire. La centrale électrique de la ville, gérée par DTEK, a subi des dégâts importants qui nécessiteront des réparations prolongées.
La réponse ukrainienne et les tensions diplomatiques
L'Ukraine a mené des frappes de représailles, notamment :
- Une attaque dans la république russe d'Oudmourtie, blessant onze personnes
- Des frappes contre des patrouilleurs russes en Crimée
- Des attaques de drones contre un site industriel au Tatarstan
Sur le front diplomatique, les tensions s'intensifient. La Slovaquie a menacé de suspendre son aide énergétique d'urgence à l'Ukraine si l'oléoduc Droujba n'est pas rétabli d'ici lundi. Le premier ministre slovaque Robert Fico a déclaré : « Je demanderai à la compagnie d'énergie publique SEPS de cesser l'approvisionnement d'urgence en électricité de l'Ukraine ».
La Hongrie, par la voix de son premier ministre Viktor Orban, menace quant à elle de mettre son veto au prêt européen de 90 milliards d'euros destiné à l'Ukraine. Le ministère des affaires étrangères ukrainien a vivement réagi, qualifiant ces positions de « provocatrices, irresponsables et menaçant la sécurité énergétique de toute la région ».
Le soutien international et la résilience ukrainienne
Malgré ces défis, le soutien international à l'Ukraine reste significatif :
- La Suède a annoncé une aide militaire de 1,2 milliard d'euros
- Un millier de personnes ont défilé à Paris pour exprimer leur soutien
- L'Union européenne réaffirme son engagement à reconstruire le réseau électrique ukrainien
Ursula von der Leyen a souligné : « La résistance de l'Ukraine est remarquable. Et la solidarité européenne demeure plus forte que jamais. Nous reconstruisons le réseau électrique ukrainien et renforçons sa protection ».
Le bilan humain continue de s'alourdir tragiquement. Olena Zelenska, première dame d'Ukraine, a révélé que 684 enfants ont été tués depuis le début du conflit et plus de 2 000 autres blessés. Dans l'oblast de Zaporijia, un homme de 77 ans a été tué lors des récentes attaques, rappelant le coût humain terrible de cette guerre.
Alors que l'Ukraine approche du quatrième anniversaire de l'invasion russe, la population continue de faire preuve d'une résilience extraordinaire face à des conditions de vie extrêmement difficiles, où le froid est devenu une arme de guerre à part entière.



