Une enquête publiée mardi 25 août 2026 par le média en ligne Pixels met au jour un vaste réseau de désinformation piloté depuis la Russie. Ce dispositif, qui s'appuie sur de fausses chaînes Telegram, de fausses vidéos et un faux think tank israélien, visait à influencer l'opinion publique occidentale, notamment sur le conflit en Ukraine. Selon les journalistes auteurs de l'enquête, plus de 200 comptes et chaînes ont été identifiés, totalisant plusieurs centaines de milliers d'abonnés.
Un réseau sophistiqué de fausses identités
L'enquête de Pixels révèle que le réseau était organisé autour de trois piliers. Le premier consistait en de fausses chaînes Telegram, se présentant comme des médias indépendants ou des sources officielles. Ces chaînes diffusaient des informations tronquées ou inventées, souvent reprises par d'autres comptes pour créer un effet de légitimité.
Le deuxième pilier reposait sur la création de fausses vidéos, utilisant des techniques de deepfake ou de montage trompeur. Ces vidéos, présentées comme des preuves de crimes de guerre ou de dérives du gouvernement ukrainien, étaient conçues pour être virales et semer la confusion.
Un faux think tank israélien au cœur du dispositif
Le troisième pilier, le plus original, était un faux think tank israélien. Baptisé « Institut pour la sécurité et la stratégie du Moyen-Orient » (MESSI), il publiait des rapports et des analyses géopolitiques, cités par les autres canaux du réseau comme des sources expertes. Selon l'enquête, le think tank était entièrement fictif, avec de faux experts et de fausses adresses, mais ses publications étaient conçues pour paraître crédibles.
Les journalistes ont pu retracer l'origine du réseau grâce à des indices techniques et à des recoupements. Ils affirment que le réseau était lié à des services de renseignement russes, sans toutefois apporter de preuve définitive. « Tous les éléments convergent vers une opération d'influence orchestrée par des acteurs proches du Kremlin », explique un analyste cité dans l'article, qui a requis l'anonymat.
Des objectifs multiples et une diffusion massive
Le réseau visait plusieurs objectifs : discréditer les autorités ukrainiennes, exacerber les divisions au sein des sociétés occidentales, et promouvoir des récits favorables à la Russie. Selon Pixels, les contenus étaient diffusés en plusieurs langues, dont l'anglais, le français et l'allemand, et relayés par des bots sur les réseaux sociaux.
L'enquête a identifié des pics d'activité en lien avec des événements politiques clés, comme les élections européennes ou les sommets internationaux. Le réseau a notamment tenté d'amplifier des manifestations anti-guerre en Europe, en les présentant comme massives et spontanées, alors qu'elles étaient en réalité minoritaires.
Une réaction des plateformes et des autorités
À la suite de ces révélations, les plateformes Telegram et X (anciennement Twitter) ont annoncé la suppression de plusieurs comptes liés au réseau. Selon l'article, Telegram a indiqué avoir supprimé plus de 150 chaînes, tandis que X a suspendu une soixantaine de comptes. Les autorités françaises, notamment la VIGINUM, ont également été alertées et ont ouvert une enquête.
L'enquête de Pixels souligne la difficulté de lutter contre ces opérations, qui évoluent constamment. Les créateurs du réseau ont déjà probablement relancé de nouvelles chaînes et de nouveaux comptes, rendant la détection plus ardue. Pour les chercheurs, la vigilance reste de mise, et il est essentiel de vérifier les sources avant de partager des informations sensibles.



