Eswatini qualifie de 'malavisée' la colère de Madagascar après la visite de Rajoelina
Eswatini répond à Madagascar sur la visite de Rajoelina

Eswatini répond à la colère de Madagascar après la visite de l'ancien président Rajoelina

L'Eswatini a réagi, lundi 10 février, à la colère exprimée par Madagascar concernant la visite officielle de l'ancien président malgache Andry Rajoelina, reçu par le roi Mswati III. Les autorités eswatiniennes ont qualifié la réaction malgache d'attaque « malavisée », créant une tension diplomatique notable dans la région.

Une condamnation ferme des autorités malgaches

Les autorités malgaches par intérim, dirigées par le colonel Michael Randrianirina – investi président après le renversement d'Andry Rajoelina en octobre 2025 – ont exprimé leur « condamnation la plus ferme » de cette rencontre. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, elles ont souligné que cette situation revêtait une gravité particulière, car Rajoelina était chef de l'État lors des événements tragiques de septembre à octobre 2025, qui ont coûté la vie à environ 30 citoyens malgaches.

La justification de l'Eswatini et le rôle de la SADC

Le bureau du roi Mswati III a répliqué en affirmant que M. Rajoelina avait sollicité une « intervention » du monarque en sa qualité de vice-président de l'Organe de coopération en matière de politique, défense et sécurité de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC). Percy Simelane, directeur de la communication du roi, a assuré que Rajoelina ne cherchait pas de protection ou d'intervention de la part du royaume, mais plutôt un soutien régional.

Simelane a également déclaré que la SADC appelait à une réforme constitutionnelle à Madagascar, et non à une situation de « loi du plus fort » où une unité militaire est aux commandes. Il a ajouté que l'attaque visant le peuple d'Eswatini était donc malavisée et malheureuse, reflétant les divisions au sein de la région sur la gestion de la crise malgache.

Première apparition publique de Rajoelina depuis sa fuite

Le Times of Eswatini a publié des photos montrant le roi serrant la main de M. Rajoelina, dans un article citant le monarque affirmant que l'éviction de celui-ci du pouvoir malgache était « anticonstitutionnelle ». Cette apparition publique marquait la première depuis que l'ancien président a fui Madagascar en octobre 2025, après le ralliement d'une unité militaire à un mouvement de contestation antigouvernemental.

Le journal a également rapporté que le roi avait consulté le bloc régional de la SADC avant cette visite et, qu'après celle-ci, il avait « appelé toutes les forces de l'ordre à Madagascar à rétablir immédiatement la normalité constitutionnelle ». En décembre, la SADC avait enjoint aux autorités malgaches de soumettre, d'ici au 28 février, leur feuille de route pour un retour à la démocratie, incluant de nouvelles élections.

Les engagements du colonel Randrianirina et le contexte de la fuite

Le colonel Randrianirina, qui a pris le pouvoir après la destitution de Rajoelina par le Parlement, s'est engagé à convoquer de nouvelles élections dans les deux ans. L'ancien président Rajoelina a fui avec l'aide des forces françaises après l'annonce par Randrianirina du ralliement de son unité, le Capsat, aux manifestants contestant le pouvoir. Cette crise politique continue de secouer Madagascar, avec des répercussions régionales significatives.