Corée du Sud : enquête élargie sur les drones envoyés au-dessus de la Corée du Nord
Enquête sud-coréenne sur les drones envoyés en Corée du Nord

Enquête élargie sur les vols de drones au-dessus de la Corée du Nord

Les autorités sud-coréennes ont intensifié leur enquête concernant l'envoi non autorisé de drones au-dessus du territoire nord-coréen. Initialement, trois civils avaient été inculpés pour leur rôle présumé dans cette affaire. Cependant, l'enquête s'est désormais élargie pour inclure trois soldats ainsi qu'un employé des services de renseignement, tous soupçonnés d'être impliqués dans ces opérations clandestines.

Perquisitions dans les services de renseignement

Un groupe d'investigation conjoint police-armée a mené des perquisitions mardi dans les locaux des services de renseignement sud-coréens à Séoul. Ces opérations font partie de l'enquête sur le survol d'un drone au-dessus de la Corée du Nord début janvier. Les enquêteurs ont perquisitionné 18 lieux, dont le commandement du Renseignement militaire et le Service national de renseignement.

Dans un communiqué, le groupe de travail a déclaré : « Le groupe de travail a annoncé qu'il établirait minutieusement la vérité derrière l'incident du drone grâce à l'analyse des matériaux saisis et à une enquête rigoureuse sur les suspects. »

L'incident du drone et les réactions nord-coréennes

La Corée du Nord avait annoncé le mois dernier avoir abattu un drone équipé de matériel de surveillance près de la ville de Kaesong, à quelques kilomètres de la frontière ultra-militarisée avec la Corée du Sud. Kim Yo-jong, l'influente sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, avait exigé une explication détaillée de Séoul concernant cet incident.

Des photos publiées par l'agence officielle nord-coréenne KCNA avaient montré l'épave du drone ainsi que des composants gris et bleu présentés comme des débris de caméras. L'armée nord-coréenne a affirmé que l'engin avait pris des images de cibles importantes dans les zones frontalières.

Les revendications civiles et les implications militaires

Parmi les trois civils inculpés, l'un d'eux avait publiquement revendiqué sa responsabilité. Il a affirmé avoir fait voler le drone pour mesurer les niveaux de radiation et de contamination en métaux lourds autour de l'usine de traitement d'uranium de Pyongsan, en Corée du Nord.

L'armée sud-coréenne avait initialement nié toute implication, précisant que ces drones appartenaient à un modèle en vente libre qu'elle n'utilise pas. Le président sud-coréen Lee Jae Myung a dénoncé l'incident, soulignant que ce type d'initiative risquait de déclencher un affrontement armé entre les deux États, qui n'ont jamais signé de traité de paix à l'issue de la guerre de Corée (1950-1953).

Contexte des tensions et précédents incidents

Ce n'est pas la première fois que la Corée du Nord dénonce l'envoi de drones sud-coréens sur son territoire. Le président sud-coréen déchu Yoon Suk Yeol est actuellement jugé pour avoir illégalement ordonné des survols de Pyongyang par des drones lorsqu'il était au pouvoir, à l'automne 2024. Le parquet l'accuse d'avoir agi avec l'intention de déclencher un incident armé et de s'en servir comme prétexte pour décréter la loi martiale.

Depuis son entrée en fonction en juin 2025, Lee Jae Myung a pris plusieurs mesures pour apaiser les tensions avec Pyongyang. Il a ordonné le retrait des haut-parleurs diffusant de la propagande le long de la frontière et a exprimé la nécessité de présenter des excuses à la Corée du Nord pour les provocations de son prédécesseur.

Les drones nord-coréens et les représailles

Les drones ne voyagent pas uniquement du Sud vers le Nord. En décembre 2022, cinq engins nord-coréens avaient traversé la frontière, perturbant le trafic dans les aéroports de Séoul. La Corée du Sud avait déployé des avions de chasse et des hélicoptères d'attaque sans parvenir à les abattre.

En 2024, la Corée du Nord a également lancé vers le Sud des ballons transportant des déchets, en guise de représailles contre des Sud-Coréens qui faisaient flotter vers le Nord des messages de propagande anti-régime. Ces incidents illustrent la complexité et la volatilité des relations entre les deux Corées, où chaque action peut rapidement escalader en crise majeure.