En Libye, la rivalité entre les fils Haftar écorne l'autorité du maréchal
En Libye, la rivalité entre les fils Haftar écorne l'autorité du maréchal

En Libye, l'autorité du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est, est de plus en plus contestée par la rivalité entre ses fils, notamment Saddam et Khaled, qui se disputent le contrôle des forces armées et des ressources. Selon des sources locales et des analystes, cette lutte fratricide fragilise le commandement unifié et complique les efforts de stabilisation du pays.

Une lutte de pouvoir au sein de la famille Haftar

Le maréchal Haftar, âgé de 82 ans, a bâti son pouvoir sur l'Armée nationale libyenne (ANL), qu'il dirige depuis 2014. Mais aujourd'hui, ses deux fils, Saddam, 38 ans, et Khaled, 34 ans, s'affrontent ouvertement pour lui succéder. Saddam, qui commande les forces spéciales, est considéré comme le favori, tandis que Khaled, à la tête de la brigade 106, tente de gagner du terrain. Des affrontements armés ont même éclaté entre leurs partisans à Benghazi, faisant au moins 12 morts en juillet dernier, selon un bilan officiel.

Cette rivalité a des répercussions directes sur l'ANL. Plusieurs unités ont refusé de prendre part à des opérations militaires, et des défections ont été signalées. Un commandant de l'ANL, qui a requis l'anonymat, a confié : « Les soldats ne savent plus qui obéir. Certains soutiennent Saddam, d'autres Khaled, et le maréchal reste silencieux. » Cette situation affaiblit la capacité de l'ANL à contrôler le territoire, notamment dans le sud du pays, où des groupes armés rivalisent pour le contrôle des champs pétroliers.

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Des conséquences politiques et économiques

La lutte pour le pouvoir a également des conséquences politiques. Le gouvernement de Tobrouk, allié de Haftar, est paralysé par les dissensions internes. Les décisions sont retardées, et les initiatives de réconciliation nationale, soutenues par l'ONU, piétinent. Sur le plan économique, la production pétrolière, principale source de revenus du pays, a chuté de 20 % au premier semestre 2026 par rapport à l'année précédente, selon la Compagnie nationale de pétrole (NOC). Des installations ont été fermées en raison de conflits entre factions pro-Haftar.

Les tensions s'étendent également à la sphère tribale. Des tribus de l'Est, traditionnellement favorables à Haftar, menacent désormais de retirer leur soutien si la situation ne se résout pas. Un chef tribal a déclaré : « Nous ne voulons pas d'une guerre entre frères. Cela détruit tout ce que nous avons construit. » Ces déclarations montrent un mécontentement croissant face à l'incapacité du maréchal à gérer sa propre famille.

Un avenir incertain pour la Libye

Les observateurs estiment que cette rivalité pourrait compromettre les élections prévues en 2027. Le processus électoral, déjà fragile, nécessite une unité nationale, mais la division au sein de la famille Haftar rend cet objectif difficile. Selon un diplomate occidental en poste à Tripoli, « les élections ne pourront pas avoir lieu si les forces de l'Est sont fragmentées. La communauté internationale doit exercer des pressions pour que la famille Haftar règle ses différends. »

En attendant, la population civile subit les conséquences de cette instabilité. Les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 15 % en moyenne, et les coupures d'électricité se multiplient. Les organisations humanitaires signalent une détérioration des conditions de vie, en particulier dans les zones proches des lignes de front. La rivalité entre les fils Haftar, loin d'être une simple affaire de famille, a des répercussions profondes sur l'avenir de la Libye.

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