Belfast est encore sous le choc, une semaine après une attaque au couteau perpétrée le lundi 8 juin 2026, pour laquelle un réfugié soudanais a été inculpé. La capitale d’Irlande du Nord a également été marquée par des violences xénophobes qui ont embrasé la ville lors des nuits de mardi et mercredi. Alors que des milliers de personnes se sont rassemblées ce samedi 13 juin pour dénoncer les émeutes anti-immigrés, des chercheurs accusent Elon Musk d’avoir amplifié les discours violents sur sa plateforme X.
Le rôle « déterminant » d’Elon Musk selon le CCDH
Des chercheurs du Center for Countering Digital Hate (CCDH) dénoncent son rôle « déterminant » dans la diffusion de récits anti-immigrants et alertent sur la hausse des appels à la violence en ligne. Elon Musk a relayé des appels à manifester de l’activiste anti-immigration Tommy Robinson, exhortant ses 240 millions d’abonnés à protester de « manière RÉPÉTÉE et BRUYANTE ». Il a également repartagé des messages du dirigeant d’extrême droite Rupert Lowe, à la tête du parti Restore Britain, dont il est l’un des fervents soutiens. L’un de ces messages déclarait : « Un très grand nombre de personnes doivent quitter notre pays – et quand je dis très grand, je pèse mes mots. Des millions et des millions de personnes doivent partir, ou être contraintes de partir. »
115 millions de vues générées
Selon le CCDH, les publications des trois hommes ont dépassé 115 millions de vues, dont 64 millions générées par Elon Musk. « En tant que propriétaire de X et utilisateur le plus suivi, Musk dispose d’un pouvoir sans équivalent pour façonner ce que voient les internautes, souligne Imran Ahmed, fondateur et directeur général du CCDH. Or, nos recherches montrent qu’il a exploité la tragédie de Belfast pour amplifier des récits anti-migrants auprès de millions d’utilisateurs. »
Critiques politiques
Le patron de X, dont la fortune a dépassé les 1 000 milliards de dollars, a également été critiqué par des représentants politiques. Anna Turley, ministre sans portefeuille et présidente du Parti travailliste, a estimé que les réseaux sociaux avaient contribué à ces violences, ajoutant que « des individus mal intentionnés, souvent situés à des milliers de kilomètres de distance, n’ont aucun mal à attiser les tensions. » Interrogée pour savoir si elle faisait référence à Musk, elle a déclaré à la radio : « Il ne vit pas dans les quartiers où l’on observe ce genre d’agissements. Il n’est pas en danger. » « Quiconque cherche à instrumentaliser une telle situation à des fins politiques commet une grave erreur et cause du tort », a-t-elle également déclaré.
Elon Musk nie les accusations
Interrogé, X n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP. Mais Elon Musk a nié les accusations, déclarant sur X que c’était la « politique délibérée d’immigration massive et incontrôlée et d’ouverture des frontières » qui attise les tensions, et non les réseaux sociaux.
Violences racistes à Belfast
Les violences survenues à Belfast les nuits de mardi et mercredi ont été qualifiées de « racistes » par les autorités. Les émeutiers, souvent de jeunes hommes masqués, ont notamment visé des habitations de personnes issues de minorités ethniques. Le suspect de l’attaque au couteau, Hadi Alodid, un Soudanais de 30 ans, a été inculpé mercredi pour tentative de meurtre et a comparu devant un juge. Il a été maintenu en détention jusqu’à une prochaine comparution le 8 juillet.
Rassemblement antiracisme
Lors d’un rassemblement organisé ce samedi devant l’hôtel de ville de la capitale nord-irlandaise, des acclamations et des applaudissements ont retenti lorsqu’un intervenant à la tribune a rendu hommage à la victime de l’attaque au couteau, Stephen Ogilvy. « Belfast s’oppose au racisme », « Combattons le racisme, construisons la solidarité » ou « La haine est la seule menace pour nos rues », pouvait-on lire sur de nombreuses pancartes.



