Crise à Cuba : Menaces américaines et tensions internes face à l'incertitude
Crise à Cuba : Menaces américaines et tensions internes

Crise à Cuba : Menaces américaines et tensions internes face à l'incertitude

Les dernières déclarations belliqueuses de l'ancien président américain Donald Trump contre l'île communiste de Cuba laissent entrevoir la possibilité d'une intervention militaire prochaine, ravivant les craintes profondes au sein de la population cubaine. Cette situation intervient dans un contexte déjà extrêmement tendu, marqué par une crise économique aiguë et des tensions sociales croissantes.

Une atmosphère de résignation et d'inquiétude à La Havane

Il règne à La Havane une étrange ambiance, mélange d'inquiétude, de résignation et d'une certaine forme de défiance face à l'adversité. Les Cubains vivent au quotidien les conséquences d'un système qui se délite progressivement, avec des pénuries chroniques et des conditions de vie de plus en plus difficiles.

« Il faut que cela change. Ce n'est plus possible de demeurer dans ce pays où tout se délite de jour en jour un peu plus », confie Robertico, un jeune médecin généraliste havanais. « Je suis médecin généraliste. J'ai deux autres métiers pour tenter de survivre et je n'ai qu'une paire de chaussures, car je ne peux pas m'en payer une autre ».

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Les menaces américaines et leurs répercussions

Début janvier, au lendemain du kidnapping de Nicolás Maduro, président du Venezuela, les Cubains croyaient qu'une invasion américaine n'était plus qu'une question de jours. Bien que la situation se soit temporairement normalisée, les alertes se sont multipliées lorsque Donald Trump a déclaré que le pays de neuf millions d'habitants représentait une menace pour les États-Unis.

L'attaque des États-Unis contre l'Iran a de nouveau semé l'inquiétude dans la capitale cubaine. Lors du sommet Shields of the Americas qui a réuni le 7 mars des dirigeants latino-américains proches de Donald Trump, à Doral en Floride, ce dernier a déclaré : « Nous attendons avec impatience le grand changement qui s'annonce à Cuba. Cuba vit ses derniers instants ».

Celui que les Cubains appellent El Loco (le fou) semble vouloir attaquer Cuba prochainement, selon les analyses locales. Le secrétaire d'État Marco Rubio, dont les parents ont fui la dictature de Fulgencio Batista, souhaite visiblement en finir avec l'île communiste.

La vie quotidienne entre pannes et pénuries

Entre les menaces extérieures, la vie a repris son cours, presque normale, entre les pannes de courant quotidiennes de douze, voire quinze heures et la pénurie de pétrole imposée par le blocus naval du régime américain. Cette situation économique désastreuse pèse lourdement sur le quotidien des Cubains.

Trois catégories de Cubains face à la crise

Les Cubains se partagent actuellement en trois catégories distinctes face à la situation politique et économique :

  1. Les résignés : Ils représentent la majorité de la population et, en aucun cas, ne se mêleront de politique, préférant attendre de voir venir les événements.
  2. Les révoltés : Ce groupe est en augmentation constante, à l'instar de Robertico. Les manifestations s'intensifient la nuit dans la capitale depuis une semaine, avec des Havanais qui tapent sur des casseroles pour manifester leur mécontentement envers le gouvernement.
  3. Les soutiens inconditionnels : Une minorité continue de soutenir le régime communiste malgré les difficultés.

Quelques-uns crient « Liberté » et des graffitis « À bas la dictature » apparaissent un peu partout dans le pays, sans que l'on sache si leurs auteurs sont des Cubains épris de liberté ou des activistes cubano-américains.

L'humour comme mécanisme de défense

Malgré la gravité de la situation, les Cubains ne perdent pas pour autant leur sens de l'humour caractéristique. « Maduro a été vendu par Delcy Rodriguez certainement pour cette récompense de 50 millions de dollars. Nous, le président Diaz-Canel, nous sommes prêts à le donner pour une caisse de bière Cristal. Ou même gratuitement », conclut Robertico, dans un grand éclat de rire qui résume bien l'état d'esprit paradoxal d'une population confrontée à l'incertitude.

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Cette déclaration humoristique masque mal l'angoisse réelle qui traverse la société cubaine, partagée entre la crainte d'une intervention militaire américaine et l'espoir d'un changement qui améliorerait leurs conditions de vie désastreuses.