Six membres de groupes armés ont été tués lors des premières opérations militaires menées sous l'ordre du nouveau président colombien, Gustavo Petro, a annoncé le ministère de la Défense dimanche 10 août. Ces opérations, qui se sont déroulées dans plusieurs régions du pays, marquent un durcissement de la politique de sécurité du gouvernement, pourtant élu sur une promesse de « paix totale ».
Des opérations ciblées contre les dissidents des FARC
Selon le ministère, les opérations visaient principalement des dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) qui ont refusé de signer l'accord de paix de 2016. Les affrontements ont eu lieu dans les départements de Cauca, Nariño et Antioquia, des zones historiquement marquées par la présence de groupes armés illégaux.
Le président Petro, qui a pris ses fonctions le 7 août, avait promis de négocier avec ces groupes pour mettre fin à un conflit de plus de 60 ans. Cependant, face à l'augmentation des violences dans certaines régions, le gouvernement a autorisé les forces armées à reprendre les opérations offensives.
Une réponse à la recrudescence des violences
Cette décision intervient après une série d'attaques attribuées à ces groupes, notamment des assassinats de leaders sociaux et d'anciens combattants des FARC. Selon l'Institut d'études pour le développement et la paix (Indepaz), plus de 120 leaders sociaux ont été tués depuis le début de l'année 2026, un chiffre en hausse par rapport aux années précédentes.
Le ministre de la Défense, Iván Velásquez, a déclaré : « Nous ne renonçons pas à la paix, mais nous ne pouvons pas laisser les groupes armés semer la terreur dans les régions. Ces opérations sont nécessaires pour protéger les civils et faire respecter l'État de droit. »
Des réactions contrastées
Les opérations ont été saluées par certains secteurs de la société qui réclamaient une réponse ferme face à la violence. En revanche, des organisations de défense des droits de l'homme ont exprimé leur inquiétude quant à d'éventuelles violations des droits humains et ont appelé à la retenue.
Le sénateur Iván Cepeda, proche du président, a souligné que ces opérations ne signifiaient pas la fin des négociations. « Le président est déterminé à avancer sur la voie de la paix, mais il doit aussi répondre aux exigences de sécurité de la population », a-t-il affirmé.
Un test pour la politique de « paix totale »
Le gouvernement Petro est confronté à un dilemme : maintenir sa promesse de négociation tout en répondant aux pressions sécuritaires. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si ces opérations militaires sont un prélude à une reprise des pourparlers ou un abandon de la politique de « paix totale ».
Selon des analystes, ces opérations pourraient être un moyen de pression pour amener les groupes armés à la table des négociations. Toutefois, le risque d'une escalade du conflit demeure élevé, notamment dans les régions où l'État est faiblement présent.



