La colonisation en Cisjordanie connaît une accélération sans précédent. En 2023, les autorités israéliennes ont approuvé la construction de plus de 24 000 nouveaux logements dans les colonies, un record historique. Cette dynamique s'inscrit dans un contexte politique où le curseur israélien n'a jamais été aussi à droite, avec un gouvernement qui assume pleinement cette politique.
Une année record pour les approbations de logements
Selon les données compilées par l'organisation israélienne La Paix maintenant, 2023 a marqué un sommet dans l'expansion des colonies. Plus de 24 000 unités de logement ont été approuvées, dépassant largement les années précédentes. Cette augmentation spectaculaire reflète la volonté du gouvernement de coalition, dirigé par Benyamin Nétanyahou, de consolider la présence israélienne en Cisjordanie.
Les approbations concernent aussi bien des colonies existantes que de nouvelles zones, avec une accélération notable dans la vallée du Jourdain et autour de Jérusalem. Les organisations de défense des droits humains dénoncent une annexion de fait, tandis que la communauté internationale, y compris les États-Unis, a exprimé ses inquiétudes.
Un gouvernement ouvertement favorable à la colonisation
La composition du gouvernement israélien, avec des ministres issus de partis d'extrême droite comme le Sionisme religieux et Pouvoir juif, a facilité cette politique. Bezalel Smotrich, ministre des Finances et lui-même colon, a reçu des pouvoirs étendus sur l'administration civile en Cisjordanie. Il a déclaré : « Il n'y a pas de plan pour freiner la colonisation, au contraire, nous allons l'intensifier ».
Cette orientation se traduit dans les faits : les procédures d'approbation ont été simplifiées, et les avantages financiers pour les colons ont été augmentés. Le gouvernement a également légalisé rétroactivement plusieurs avant-postes sauvages, une première depuis des décennies.
Des conséquences sur le terrain et dans les négociations
L'expansion des colonies a des conséquences directes sur la vie des Palestiniens. Selon l'ONU, plus de 1 000 démolitions de structures palestiniennes ont eu lieu en 2023 dans les zones contrôlées par Israël, souvent au motif de l'absence de permis de construire. Les communautés bédouines sont particulièrement touchées, notamment dans la zone dite de E1, qui couperait la Cisjordanie en deux si elle était construite.
Sur le plan diplomatique, cette politique sape les efforts de solution à deux États. Les États-Unis, traditionnellement alliés d'Israël, ont émis des critiques, mais sans imposer de sanctions. L'Union européenne a réaffirmé son opposition à la colonisation, la qualifiant d'illégale au regard du droit international.
Un avenir incertain pour la Cisjordanie
Alors que la guerre à Gaza a détourné l'attention du monde, la colonisation en Cisjordanie continue de progresser. Les experts estiment que si le rythme actuel se maintient, la viabilité d'un État palestinien sera définitivement compromise. Les prochaines élections israéliennes, prévues en 2026, pourraient toutefois modifier la donne, mais les sondages actuels donnent une nouvelle victoire à la droite.
En attendant, les Palestiniens voient leur espace se réduire chaque jour, et les appels à une résistance internationale se multiplient. La communauté internationale est face à un choix : agir pour sauver la solution à deux États, ou assister à l'annexion de facto de la Cisjordanie.



