Deux organisations non gouvernementales israéliennes, La Paix Maintenant et B'Tselem, ont publié un rapport conjoint alarmant sur la situation en Cisjordanie occupée. Selon ce document, l'annexion de facto du territoire se déroule à un rythme sans précédent depuis les années 1990. Le rapport, intitulé "L'annexion rampante : comment Israël consolide son contrôle sur la Cisjordanie", a été rendu public le 7 juillet 2026.
Une accélération spectaculaire des constructions de colonies
Le rapport révèle que le nombre de nouvelles unités de logement dans les colonies israéliennes a augmenté de 40 % en 2025 par rapport à l'année précédente, atteignant un total de 10 500 unités. Il s'agit du chiffre le plus élevé depuis 1992. Les ONG soulignent que cette expansion s'accompagne d'une intensification des démolitions de structures palestiniennes, qui ont augmenté de 30 % en 2025, avec plus de 1 200 bâtiments détruits.
Selon les données compilées par les deux organisations, 2025 a été l'année la plus active en termes de construction de colonies depuis trois décennies. "Nous assistons à une accélération sans précédent du projet de colonisation, qui vise à rendre impossible la création d'un État palestinien viable", a déclaré un porte-parole de La Paix Maintenant.
Des mécanismes juridiques et administratifs en place
Le rapport détaille également les mécanismes juridiques et administratifs qui facilitent cette annexion de facto. Il mentionne notamment la création de nouvelles routes réservées aux colons, l'expansion des zones industrielles israéliennes en Cisjordanie, et le transfert de compétences de l'administration civile israélienne à des autorités locales de colonies. Ces mesures, selon B'Tselem, "transforment progressivement la Cisjordanie en une extension du territoire israélien".
Les ONG notent que le gouvernement israélien actuel a adopté une politique délibérée d'expansion des colonies, en dépit des condamnations internationales. "Le gouvernement israélien a clairement choisi la voie de l'annexion, en violation du droit international", a affirmé un responsable de B'Tselem.
Impact sur la population palestinienne
Les conséquences pour les Palestiniens sont graves. Le rapport indique que plus de 200 000 Palestiniens vivent désormais dans des zones où les colonies israéliennes les encerclent, limitant leur accès aux terres agricoles, à l'eau et aux services de base. Les démolitions de maisons et les expulsions forcées se sont intensifiées, notamment dans la région de Masafer Yatta, au sud d'Hébron.
"Les Palestiniens sont poussés hors de leurs terres par un système de discrimination systématique", a déclaré un chercheur de B'Tselem. "Ce que nous voyons est un processus d'apartheid, où deux systèmes juridiques distincts s'appliquent sur le même territoire."
Réactions internationales et perspectives
Le rapport a suscité des réactions au niveau international. L'Union européenne a exprimé sa profonde préoccupation, tandis que les Nations unies ont appelé Israël à cesser immédiatement toute activité de colonisation. Les États-Unis, par la voix de leur porte-parole du Département d'État, ont déclaré suivre la situation de près et ont réitéré leur opposition à toute annexion unilatérale.
Les deux ONG appellent la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour mettre fin à ce processus. "Il ne s'agit pas seulement d'une question de colonies, mais d'une annexion progressive qui mine toute perspective de paix", a conclu le rapport.



