Chili : la réforme constitutionnelle de Kast jugée illibérale
Chili : réforme de Kast jugée illibérale

Le président chilien José Antonio Kast a dévoilé, samedi 29 août, un projet de réforme constitutionnelle qui a immédiatement été qualifié d'« illibéral » par l'ensemble de la classe politique du pays. Ce texte, présenté comme une refonte majeure des institutions, suscite une opposition quasi unanime, allant de la gauche à la droite modérée.

Un projet qui cristallise les critiques

La réforme proposée par le chef de l'État vise à remplacer la Constitution héritée de la dictature d'Augusto Pinochet, mais les modalités retenues sont jugées liberticides par ses détracteurs. Selon les premiers éléments rendus publics, le texte prévoit notamment un renforcement considérable des pouvoirs présidentiels au détriment du Parlement, ainsi qu'une restriction des droits sociaux et des mécanismes de participation citoyenne.

« Ce projet est un recul démocratique sans précédent », a déclaré une porte-parole de l'opposition de gauche, citée par le journal chilien. « Il ne s'agit pas d'une modernisation, mais d'une régression autoritaire », a-t-elle ajouté, dénonçant une tentative de « verrouiller » les institutions au profit de l'exécutif.

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Une opposition unanime

De son côté, la droite modérée, pourtant traditionnellement alliée au président sur certains dossiers, a également pris ses distances. Un sénateur de ce courant a estimé que « cette réforme ne correspond pas à l'esprit de la transition démocratique » et qu'elle « risque d'isoler le Chili sur la scène internationale ». Même au sein de la majorité présidentielle, des voix discordantes se font entendre, certains élus jugeant le calendrier « précipité » et le contenu « trop clivant ».

Les organisations de défense des droits humains ont également réagi. Amnistie internationale a appelé le Parlement à « rejeter ce texte qui fragilise l'État de droit et les contre-pouvoirs ». Une coalition de syndicats et de mouvements sociaux a annoncé des mobilisations dans les prochaines semaines pour faire échec à cette réforme.

Un processus sous tension

Le projet doit maintenant être examiné par le Congrès, où le gouvernement ne dispose pas de majorité absolue. Les observateurs estiment que son adoption est très incertaine, d'autant que plusieurs partis de l'opposition ont déjà déposé des amendements pour vider le texte de sa substance. Une chose est sûre : ce nouveau bras de fer institutionnel s'annonce comme un test majeur pour la stabilité politique du Chili.

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