Le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a appelé vendredi 28 août au calme et à la cessation immédiate de toute violence dans l'enclave de Ceuta, après une nuit de heurts entre migrants et forces de l'ordre. Dans un communiqué, il a insisté sur la nécessité de rétablir l'ordre et de protéger les habitants de cette ville autonome située sur la côte marocaine.
Des affrontements meurtriers dans l'enclave
Les violences ont éclaté jeudi soir lorsque plusieurs centaines de migrants ont tenté de franchir la frontière entre le Maroc et Ceuta. Les forces de sécurité espagnoles ont utilisé des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène pour repousser les assaillants, tandis que les migrants ont lancé des pierres et des cocktails Molotov. Selon les autorités locales, au moins 23 personnes ont été blessées, dont 11 agents de la Garde civile et 12 migrants. Trois migrants ont été hospitalisés dans un état grave.
Le ministère de l'Intérieur a dénoncé une « tentative violente d'entrée massive » et a souligné que la priorité absolue était de garantir la sécurité des citoyens de Ceuta. La ville, qui compte environ 85 000 habitants, est régulièrement le théâtre de tentatives d'entrée de migrants subsahariens cherchant à rejoindre l'Europe.
La pression migratoire s'intensifie
Cet incident survient dans un contexte de tensions diplomatiques entre Madrid et Rabat. Depuis le début de l'année, les tentatives de franchissement des clôtures de Ceuta et de Melilla ont augmenté de 40 % par rapport à 2025. Les autorités espagnoles accusent le Maroc de ne pas contrôler suffisamment ses frontières, tandis que le royaume chérifien dément toute responsabilité.
Le ministre a également annoncé le renforcement immédiat des effectifs de la Garde civile et de la police nationale dans l'enclave. Des renforts ont été envoyés depuis la péninsule pour épauler les forces locales, et des patrouilles supplémentaires ont été déployées le long du périmètre frontalier. Fernando Grande-Marlaska a réaffirmé que l'Espagne restait engagée dans une politique migratoire « ordonnée et solidaire », mais que la sécurité était non négociable.
Réactions politiques et appel à l'apaisement
Les partis d'opposition, notamment le Parti populaire, ont critiqué la gestion de la crise par le gouvernement, exigeant une réponse plus ferme. Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a pour sa part exprimé son soutien aux forces de l'ordre et a appelé à la coopération avec le Maroc pour résoudre la crise. Des organisations de défense des droits humains ont dénoncé l'usage de la force contre des migrants, appelant à des solutions humanitaires.
Le ministre de l'Intérieur a conclu son communiqué en demandant « à toutes les parties de faire preuve de retenue et de cesser toute violence ». Il a annoncé que des discussions étaient en cours avec les autorités marocaines pour renforcer la coopération en matière de lutte contre l'immigration irrégulière. Une réunion de crise est prévue lundi avec les responsables de la sécurité pour évaluer la situation et décider d'éventuelles mesures supplémentaires.



