Un policier municipal de Margny-lès-Compiègne (Oise) a été mis en examen en début de semaine dans une affaire d'homicide routier. Les faits remontent à la nuit du 21 au 22 août, lorsque l'agent et un collègue ont tenté de contrôler un véhicule dont le conducteur refusait d'obtempérer. Les occupants ont pris la fuite en multipliant les infractions avant d'être victimes d'un accident. Le conducteur est décédé sur le coup, tandis que son passager a été légèrement blessé.
Divulgation de l'identité du policier sur les réseaux sociaux
Depuis ce drame, l'affaire a pris une autre tournure. Le nom, l'adresse et la photographie du policier mis en cause ont été divulgués sur les réseaux sociaux, le désignant comme « un meurtrier », a détaillé Caroline Gaziot, procureure de la République de Compiègne. Ces révélations ont été jugées « inadmissibles » par le parquet, qui a ouvert une enquête pour « divulgation d'information personnelle permettant d'identifier ou de localiser une personne chargée de mission de service public, ou ses proches, et les exposant à un risque direct d'atteinte à la personne ou aux biens » ainsi que pour « violation du secret de l'enquête ou de l'instruction et recel de ces informations ».
Dégradations dans le centre-ville lors des obsèques
La procureure n'a pas souhaité communiquer davantage « dans un souci d'apaisement au regard du contexte extrêmement tendu de ce dossier ». Mercredi, jour des obsèques de la victime, entre 30 et 40 membres de la communauté des gens du voyage ont causé d'importantes dégradations dans le centre-ville de Margny-lès-Compiègne. Deux véhicules ont notamment été incendiés et le bureau de poste saccagé. L'affaire a été largement relayée sur les réseaux sociaux, la députée LFI de Seine-et-Marne Ersilia Soudais appelant notamment sur Facebook à ce que « justice soit rendue ».



