Le Canada a riposté aux nouvelles surtaxes américaines en annonçant des droits de douane équivalents sur l'acier, les produits laitiers et d'autres secteurs, après l'échec des négociations de dernière minute. Le Premier ministre canadien Mark Carney a dénoncé un accord « injuste » et a reçu le soutien unanime de la classe politique canadienne. Le président américain Donald Trump a menacé de surenchérir, alors que les exportations canadiennes vers les États-Unis représentent environ 70 % du total.
Des négociations infructueuses et des surtaxes punitives
Les nouvelles surtaxes américaines, annoncées mi-juillet, sont entrées en vigueur samedi 22 août à 00h01, après l'échec des discussions entre les négociateurs canadiens et américains. Donald Trump avait accordé un délai de trois jours, mais les négociations ont échoué vendredi soir. Le ministre du Commerce canadien Dominic LeBlanc avait passé la semaine à Washington pour tenter d'aplanir la crise.
Ces surtaxes touchent environ 20 milliards de dollars d'importations canadiennes, soit environ 5,5 % des exportations canadiennes aux États-Unis, selon certaines estimations. Elles concernent des produits variés comme le ciment, les crosses de hockey sur glace ou la bière. Cette nouvelle série ouvre une brèche en touchant notamment des produits normalement protégés par un accord de libre-échange entre les États-Unis et le Mexique.
Carney critique un accord « injuste » et annonce des mesures de rétorsion
Mark Carney a dénoncé un accord commercial « injuste » imposé par les États-Unis. « Au dernier moment, les États-Unis ont essayé d'ajouter des éléments pour restreindre notre capacité à avoir d'autres accords commerciaux », a-t-il déclaré depuis Ottawa samedi lors d'une conférence de presse. « Quand vous êtes attaqué, c'est que vous êtes en guerre. Nous avons été attaqués », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre canadien a également évoqué des « menaces contre la langue française » et la « culture québécoise ». « Ce n'est pas acceptable », a-t-il souligné. Il a annoncé des mesures de rétorsion qui toucheront l'acier, les produits laitiers américains, l'industrie du papier, les machines agricoles ou l'électronique, avec des droits de douane « équivalents, au dollar près ». Elles entreront en vigueur le 8 septembre.
Un soutien unanime et une menace de surenchère américaine
Mark Carney a reçu le soutien unanime de la classe politique canadienne, y compris le chef de l'opposition conservatrice, Pierre Poilievre, qui a appelé les Canadiens à « rester unis pour défendre notre pays contre ces attaques injustes ». Un sondage publié en début de semaine révélait que 56 % des habitants étaient favorables à « une ligne dure » face à Washington.
Donald Trump a répliqué dimanche sur Truth Social : « Le Canada veut les avantages d'un État [des États-Unis, ndlr] sans en être un ! ! ! ». Il a ajouté : « Ils ont aussi imposé à nos formidables agriculteurs, pendant de nombreuses années, des montants énormes de tarifs douaniers. Ça suffit ! ! ! ». Le négociateur américain Jamieson Greer a affirmé sur Fox News que les États-Unis allaient « aller de l'avant avec des mesures pour répondre aux rétorsions canadiennes », sans donner de détails.
Les États-Unis restent le premier partenaire commercial du Canada, avec environ 70 % des exportations canadiennes. Mark Carney veut croire que sa stratégie de diversification des partenariats commerciaux permettra au Canada de s'affranchir de cette dépendance. « Oui, ça va nous faire mal. Mais devenir un vassal du voisin ? No, thanks. [Non merci] », tempérait un éditorialiste de « La Presse ». La dégradation des relations entre les deux pays ne semble pas près de s'arrêter.



