L’Espagne, les Pays-Bas, l’Irlande, l’Islande et la Slovénie ne participeront pas à la finale de l’Eurovision ce samedi soir à Vienne (Autriche). Ces cinq pays boycottent cette 70e édition pour protester contre la participation d’Israël. Si cette situation est inédite par son ampleur et ses conséquences sur le plan symbolique, diplomatique et économique, ce n’est pas la première fois qu’un État se retire pour des raisons politiques.
Historique des boycotts politiques à l’Eurovision
En 1969, l’Espagnole Massiel s’est imposée l’année précédente avec sa chanson La La La. Une victoire entourée de suspicion. Le dictateur Franco, qui dirigeait alors le pays, aurait « acheté » cette victoire, selon un documentaire sorti en 2008. Des accusations de tricheries qui ont indigné Massiel. Quoi qu’il en soit, en cette année 1969, le concours se tient à Madrid. L’Autriche décide alors de boycotter en signe de protestation envers le régime franquiste. Cette édition entre dans l’histoire : quatre pays, dont l’Espagne et la France, sont déclarés vainqueurs. En conséquence, cinq pays (Autriche, Finlande, Norvège, Portugal et Suède) refuseront de participer à l’Eurovision 1970 pour signifier leur désaccord envers ce résultat et le règlement.
Les boycotts des années 1970
En 1975, la vingtième édition de l’Eurovision se déroule à Stockholm (Suède) et la Turquie rejoint la compétition pour la première fois. La Grèce annonce alors son retrait face à ce nouvel entrant qui a envahi Chypre un an plus tôt après le coup d’État de Chypriotes grecs exigeant le rattachement de l’île à la Grèce. En 1976, la Grèce fait son retour dans la compétition et c’est alors la Turquie qui décide de boycotter, pendant deux ans.
En 1979, après un bref retour lors de l’édition 1978 organisée en France, la Turquie quitte à nouveau l’Eurovision. Elle avait pourtant sélectionné sa candidate, Maria Rita Epik, qui devait chanter Seviyorum. Mais la compétition étant alors organisée par Israël à Jérusalem, la Turquie a opté pour le retrait après y avoir été fortement incitée par les États voisins d’Israël, dans un contexte de tensions géopolitiques et de crise pétrolière.
Boycott plus récent : l’Arménie en 2012
En 2012, l’Azerbaïdjan, qui participe à l’Eurovision depuis 2008, accueille le concours, un an après l’avoir remporté à la surprise générale. L’Arménie se retire en raison des tensions qu’elle entretient avec son voisin au sujet du Haut-Karabagh et parce qu’elle a peur pour la sécurité de sa délégation. Par ailleurs, médias et associations s’alarment des infractions aux droits humains constatées en Azerbaïdjan. Une seule candidate est allée à la rencontre des activistes durant son séjour sur place, la Suédoise Loreen, qui a remporté cette édition avec Euphoria.



