Au moins une personne a été tuée samedi 20 juin 2026 dans un bombardement russe sur la ville de Kharkiv, dans le nord-est de l'Ukraine, selon les autorités locales. Le maire de Kharkiv, Igor Terekhov, a déclaré sur Telegram : « À la suite d'un bombardement aérien ennemi à l'aide de bombes guidées, une frappe a été signalée dans un quartier résidentiel. Malheureusement, au cours des opérations de recherche et de sauvetage, le corps d'une personne décédée a été retrouvé sous les décombres du bâtiment détruit. » Au moins neuf personnes ont été blessées dans cette attaque, selon le chef de l'administration militaire de la ville, Oleg Synegoubov.
Crise diplomatique entre la Pologne et l'Ukraine
Le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré sur X : « Le conflit entre la Pologne et l'Ukraine réjouit Poutine et choque nos alliés », alors qu'une crise diplomatique sans précédent éclatait entre les deux voisins. Le président polonais Karol Nawrocki avait retiré la veille à Volodymyr Zelensky l'Ordre de l'Aigle blanc – la plus haute distinction de Pologne – en protestation contre la décision ukrainienne de baptiser une unité militaire du nom de l'UPA, organisation nationaliste tenue en Pologne pour responsable de la mort de plus de 100.000 Polonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Volodymyr Zelensky a aussitôt renvoyé la médaille.
La réplique ukrainienne ne s'est pas arrêtée là. Le ministre des Affaires étrangères Andriï Sybiga, le chef de l'administration présidentielle Kyrylo Boudanov et l'ambassadeur d'Ukraine en Pologne Vasyl Bodnar ont tous trois annoncé restituer leurs propres décorations polonaises. Kyrylo Boudanov a jugé la décision de Karol Nawrocki « un cadeau fait à l'agresseur moscovite, qui ne manquera pas de l'utiliser contre nos deux pays ». Andriï Sybiga a lui évoqué des « mesures injustifiées, impulsives et méprisantes », déplorant une « escalade inutile ». De l'autre côté, l'ex-président russe Dmitri Medvedev s'est empressé de se réjouir de la brouille sur X, accusant Kiev de proximité avec le nazisme.
187 drones abattus par la Russie en une nuit
Selon le ministère russe de la Défense, Moscou affirme avoir abattu 187 drones ukrainiens en une seule nuit au-dessus du territoire russe, y compris dans la région de Moscou.
Une fracture mémorielle ancienne
La crise entre Kiev et Varsovie révèle une fracture mémorielle ancienne et toujours vive. Les deux pays s'accordent sur les faits – des massacres ont bien eu lieu durant la Seconde Guerre mondiale – mais divergent sur les mots : Varsovie parle de génocide, Kiev de « conflit tragique dans un contexte de guerre ». En Pologne, la mémoire des victimes est devenue un élément central de la « diplomatie historique », notamment sous l'impulsion des nationalistes, liant parfois le soutien à l'Ukraine (ou son intégration à l'UE) à la résolution de ce contentieux historique. Une équation explosive, dont Moscou entend bien tirer profit.



