Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a publié une vidéo dans laquelle il apparaît devant le chantier d'une potence, une provocation qui intervient à quelques semaines des élections législatives. La séquence, diffusée sur les réseaux sociaux, montre le dirigeant d'extrême droite devant une structure métallique en construction, qu'il présente comme une future plateforme d'exécution.
Une mise en scène assumée
Dans la vidéo, Itamar Ben Gvir déclare : « Nous allons construire une potence sur la place de Jérusalem. » Il ajoute que cette initiative vise à dissuader les « terroristes » et à restaurer la peine de mort en Israël. Le ministre, connu pour ses positions radicales, avait déjà évoqué à plusieurs reprises son souhait de rétablir les exécutions capitales pour les auteurs d'attentats.
Le chantier, situé à proximité de la Knesset, le Parlement israélien, a rapidement suscité des réactions. Plusieurs responsables politiques, tant de la majorité que de l'opposition, ont condamné cette provocation. Le Premier ministre, Naftali Bennett, a qualifié la vidéo d'« irresponsable » et a rappelé que la peine de mort n'est pas en vigueur en Israël, sauf pour les crimes de génocide et de trahison en temps de guerre.
Un contexte électoral tendu
Cette sortie intervient alors que les Israéliens sont appelés aux urnes le 1er novembre prochain, dans le cadre des cinquièmes élections législatives en moins de quatre ans. Itamar Ben Gvir, dont le parti Otzma Yehudit (Force juive) espère franchir le seuil électoral, cherche à mobiliser son électorat en adoptant un ton de plus en plus radical. Selon les sondages, sa formation pourrait obtenir entre 5 et 7 sièges sur les 120 que compte la Knesset.
La vidéo a également été condamnée par des organisations de défense des droits de l'homme. L'association B'Tselem a dénoncé une « incitation à la violence » et une « atteinte aux valeurs démocratiques ». Amnesty International a appelé les autorités israéliennes à « cesser toute promotion de la peine de mort ».
Des précédents inquiétants
Ce n'est pas la première fois que le ministre provoque avec des déclarations ou des actes polémiques. En mai dernier, il avait participé à une marche de colons dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, déclenchant des tensions. Il a également été accusé à plusieurs reprises de tenir des propos racistes envers la minorité arabe d'Israël.
La construction de la potence, si elle est menée à terme, serait une première depuis la création de l'État d'Israël. Le dernier pendaison remonte à 1962, avec l'exécution d'Adolf Eichmann. Depuis, la peine de mort n'a jamais été appliquée, même si des projets de loi ont été déposés à plusieurs reprises, sans succès.
Le gouvernement israélien a annoncé qu'il allait examiner la légalité du chantier. Le ministre de la Justice, Gideon Sa'ar, a indiqué que la construction pourrait être interrompue si elle enfreint la loi. Une décision est attendue dans les prochains jours.



