Que cherche Bally Bagayoko ? Sa victoire, à 52 ans, aux élections municipales de Saint-Denis, ville de 150 000 habitants, lui est-elle montée à la tête ? Vise-t-il déjà la succession de Jean-Luc Mélenchon aux commandes de LFI ?
Une offensive à l'extrême gauche
À peine Mélenchon avait-il annoncé sa candidature en 2027 que le nouveau maire de Saint-Denis passait à l’offensive. Il a choisi son créneau : il sera à l’extrême gauche du chef de LFI. D’abord, dans son bureau, il a décroché, au grand dam du préfet, le portrait du président Macron qui restera, retourné, dans un coin, « tant que la République ne sera pas en capacité de corriger les inégalités ».
La menace d'une insurrection
Surtout, Bagayoko n’a pas hésité à agiter la menace d’une « insurrection populaire » en cas de victoire du RN à la prochaine présidentielle : « Soit c’est nous, soit c’est eux… c’est-à-dire l’extrême droite. » En somme, si vous votez mal, on fera un malheur. En l’espèce, prédit-il, le peuple se lèvera. Le journaliste d’Oumma.com, le site d’information islamo-communautaire où il fait cette déclaration, s’inquiétant qu’elle ne passe pour un appel à l’insurrection, le maire de Saint-Denis insiste : « Toutes les réformes importantes dans ce pays se sont faites par une insurrection populaire. » Et de rappeler la prise de la Bastille…
Une vision falsifiée de l'histoire
Tels sont les effets de la falsification de l’Histoire par la gauche, l’une de ses grandes spécialités. Il suffit de se pencher sur le XXe et les deux siècles précédents pour vérifier qu’au contraire, les révolutions sont, à quelques exceptions près, des psychodrames chaotiques ou cathartiques, souvent sanglants, qui dispensent de faire des réformes et de « régler les problèmes », comme disait la philosophe Simone Weil. La France est notamment bien placée pour le savoir, qui, en vérité, a été réinventée par Napoléon Bonaparte après le désastre de la Terreur de 1793, ou deux fois de suite par le général de Gaulle, en 1945, puis en 1958, loin de toutes affres révolutionnaires.
La France, une cocotte-minute prête à exploser
La situation de notre pays est-elle révolutionnaire aujourd’hui ? Les révolutions ne préviennent pas. Il n’y a pas de règles. Elles peuvent survenir en période de disette, comme celle de 1789, après la mauvaise récolte de l’année précédente, provoquée par des pluies torrentielles. En période d’abondance aussi, alors que le taux de croissance tournait précédemment autour de 5 ou 6%, comme celle de 1968, finalement avortée. Mais, à force de tout laisser filer – la dette, l’immigration, l’autorité, etc. –, le pouvoir en place a transformé la France en cocotte-minute prête à exploser, quand la soupape de sécurité est bouchée.
L'endettement, une menace pour la souveraineté
Si Le Point alerte depuis tant d’années sur l’endettement délirant du pays (3 526 milliards d’euros, aux dernières nouvelles), ce n’est pas à cause d’une pathologique obsession comptable, mais parce que cette politique à courte vue fait peser de lourdes menaces sur notre souveraineté et, à terme, sur notre collectivité tout entière. Par exemple, si, un jour, les marchés sifflent la fin de la récréation en nous faisant un plan à la grecque, comme quand, de 2008 jusqu’en 2011, les gouvernements d’Athènes, y compris ceux de la gauche radicale, ont été contraints par le Fonds monétaire international notamment – de mener une politique d’ultra-rigueur pour résorber leur crise de la dette publique. Qui peut croire qu’un tel scénario se passerait bien dans une France incapable de créer des richesses et adonnée plus que jamais à la surfiscalité comme aux prestations sociales ?
Le nouveau héraut de la violence politique
Le néo-robespierrisme et la violence politique, deux maladies françaises, ont trouvé leur nouveau héraut : Bagayoko après Mélenchon. Signe des temps : l’an dernier, on a déjà aperçu des reproductions de guillotines lors de manifestations, sur fond de slogans anti-Macron. Même s’il n’en fut pas le réel concepteur, le docteur Guillotin, physiologiste et député de la Constituante, était fier du mode d’exécution qui, pendant la Révolution française, avait permis d’établir la sacro-sainte égalité entre les condamnés à mort, tous tués désormais de la même façon : « Le supplice que j’ai inventé est si doux qu’il n’y a que l’idée de la mort qui puisse le rendre désagréable… Si l’on ne s’attendait pas à mourir, on croirait n’avoir senti sur le cou qu’une légère et agréable fraîcheur. »
Un avertissement de Victor Hugo
Les dieux auront-ils de nouveau soif comme pendant la Révolution française ? « Prenez garde à la première tête qui tombe, disait Victor Hugo. Elle met le peuple en appétit. »



