Au Liban, des centaines d'étudiants ont entamé leurs examens de fin d'année dans des conditions particulièrement difficiles, après une année marquée par une succession de crises économiques, politiques et sanitaires. Selon un rapport de l'UNICEF publié en juin 2026, 78 % des élèves libanais présentent des symptômes de stress post-traumatique liés aux multiples traumatismes vécus.
Une année scolaire sous tension
L'année scolaire 2025-2026 a été ponctuée par des grèves des enseignants, des coupures d'électricité et une inflation galopante qui a rendu l'accès aux fournitures scolaires difficile pour de nombreuses familles. « On se sent en état de stress post-traumatique permanent », confie Rana, 17 ans, élève en terminale à Beyrouth. « Chaque jour, on ne sait pas si on aura cours, si le professeur sera là, si on aura de l'électricité pour étudier le soir. »
Des examens sous haute tension
Les épreuves du baccalauréat libanais, qui ont débuté le 5 juillet, se déroulent dans des centres d'examen où la sécurité a été renforcée. Le ministre de l'Éducation, Abbas Halabi, a indiqué que 45 000 candidats étaient inscrits cette année, soit une baisse de 12 % par rapport à l'année précédente, en raison du nombre croissant d'élèves ayant abandonné la scolarité. « Nous avons pris des mesures pour assurer le bon déroulement des examens, mais la situation psychologique des élèves reste préoccupante », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Un système éducatif fragilisé
La crise économique, qui a vu la livre libanaise perdre plus de 95 % de sa valeur depuis 2019, a poussé de nombreux enseignants à quitter le métier ou à chercher un emploi à l'étranger. Selon le syndicat des enseignants, près de 40 % des postes dans le public sont vacants. Les écoles privées, qui scolarisent encore une partie des élèves, ont augmenté leurs frais de scolarité de 300 % en moyenne, rendant l'éducation inaccessible pour une large part de la population.
Des conséquences à long terme
Les psychologues alertent sur les conséquences de cette situation sur la santé mentale des jeunes. « Ces élèves ont vécu l'explosion du port de Beyrouth en 2020, la pandémie de Covid-19, l'effondrement économique et l'instabilité politique. Leur capacité à se concentrer et à apprendre est gravement affectée », explique le Dr Nadine El Hage, psychologue clinicienne à Beyrouth. Elle ajoute que le taux de suicide chez les jeunes a augmenté de 25 % en 2025 par rapport à 2024. L'UNICEF a lancé un appel aux dons pour financer des programmes de soutien psychologique dans les écoles, mais seuls 30 % des fonds nécessaires ont été réunis à ce jour.



