Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban, signé en novembre 2024, est qualifié de « paix de papier » par de nombreux observateurs. L'accord, négocié sous médiation américaine et française, a mis fin à deux mois de combats intenses entre l'armée israélienne et le Hezbollah. Cependant, ses dispositions restent fragiles et contestées.
Un accord aux contours flous
Le texte prévoit le retrait des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise et de la FINUL dans la zone frontalière. Mais le Hezbollah, bien que théoriquement désarmé, conserve une influence majeure. Selon un diplomate occidental cité par Libération, « l'accord ne règle pas le problème de fond : la présence militaire et politique du Hezbollah au Liban ».
Des violations déjà constatées
Depuis la signature, plusieurs incidents ont été rapportés. Le 15 décembre 2024, l'armée israélienne a intercepté un drone du Hezbollah survolant la zone de séparation. De son côté, le Hezbollah accuse Israël de survols réguliers de son espace aérien. Ces violations, bien que mineures, montrent la fragilité de l'accord.
Une population sceptique
Dans le sud du Liban, les habitants restent méfiants. « Nous avons vu trop de guerres et de trêves pour croire en une paix durable », témoigne Ali, un habitant de Tyr. « Les deux camps continuent de se préparer militairement. » Selon un sondage réalisé en janvier 2025 par l'Université américaine de Beyrouth, 68 % des Libanais estiment que l'accord ne tiendra pas plus d'un an.
Les enjeux régionaux
L'accord s'inscrit dans un contexte régional tendu, avec la guerre à Gaza et les tensions entre l'Iran et les États-Unis. Le Hezbollah, soutenu par Téhéran, voit dans cet accord une trêve tactique, non une renonciation à son arsenal. Pour Israël, l'objectif est de sécuriser sa frontière nord sans s'enliser au Liban.
Un avenir incertain
Les experts estiment que la paix ne pourra être durable sans un règlement global incluant le désarmement du Hezbollah et une solution au conflit israélo-palestinien. « Tant que ces questions ne seront pas traitées, l'accord restera un simple cessez-le-feu », conclut le diplomate. En attendant, les deux camps renforcent leurs positions, transformant la frontière en une poudrière.



