En Bosnie-Herzégovine, un projet de pipeline soutenu par l'ancien président américain Donald Trump vient bousculer les équilibres diplomatiques de l'Union européenne dans les Balkans. Ce gazoduc, qui doit relier la Serbie à la République serbe de Bosnie, est perçu par Bruxelles comme une tentative de Moscou et de Washington de contourner l'influence européenne dans la région.
Un projet controversé
Le pipeline, d'une capacité de 10 milliards de mètres cubes par an, est porté par la compagnie serbe Srbijagas et l'entité bosnienne Republika Srpska. Il bénéficie du soutien affiché de Donald Trump, qui y voit un moyen de renforcer les liens économiques avec les alliés traditionnels des États-Unis dans les Balkans. Cependant, ce projet est vivement critiqué par l'Union européenne, qui y voit une menace pour ses propres projets d'infrastructures énergétiques dans la région.
Les réactions de l'UE
La Commission européenne a exprimé son inquiétude face à ce projet, estimant qu'il pourrait compromettre les efforts de l'UE pour diversifier les sources d'énergie et réduire la dépendance au gaz russe. Un porte-parole de la Commission a déclaré : « Nous suivons de près ce dossier et nous rappelons que tout projet énergétique dans les Balkans doit respecter les normes européennes et ne pas créer de divisions supplémentaires. »
Les enjeux géopolitiques
Ce pipeline ravive les tensions entre les différentes communautés de Bosnie-Herzégovine. La République serbe de Bosnie, majoritairement pro-russe et pro-américaine, soutient le projet, tandis que la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine, à majorité croate et bosniaque, y est opposée. Pour les analystes, ce projet illustre la rivalité entre les grandes puissances pour le contrôle des routes énergétiques dans les Balkans.
Les conséquences pour l'UE
L'Union européenne, qui a investi des milliards d'euros dans des projets d'infrastructures dans les Balkans, voit d'un mauvais œil ce pipeline soutenu par Trump. Bruxelles craint que ce projet ne renforce l'influence russe dans la région, via la Serbie, et ne fragilise les efforts de paix et de réconciliation en Bosnie-Herzégovine. De plus, ce gazoduc pourrait concurrencer le projet de gazoduc transadriatique (TAP) soutenu par l'UE, qui vise à acheminer du gaz de la mer Caspienne vers l'Europe.
Les perspectives
Alors que les travaux de construction du pipeline doivent débuter prochainement, l'UE tente de trouver des solutions pour contrer ce projet. Certains diplomates européens évoquent la possibilité de sanctions contre les entreprises impliquées, tandis que d'autres plaident pour un dialogue renforcé avec les autorités bosniennes et serbes. En attendant, le pipeline de Trump continue de diviser et de bousculer l'ordre établi dans les Balkans.



