Le canal de Suez, artère essentielle du commerce maritime mondial, connaît une chute significative de son trafic depuis plusieurs mois. Cette baisse, attribuée aux tensions géopolitiques dans la région, affecte directement l'économie égyptienne, fortement dépendante des revenus générés par le passage des navires.
Un pilier économique fragilisé
Le canal de Suez représente une source de devises cruciale pour l'Égypte. En 2025, les recettes du canal avaient atteint un record de 9,4 milliards de dollars, contribuant à hauteur de près de 2% au PIB du pays. Cependant, la baisse du trafic observée en 2026 pourrait réduire ces revenus de 30 à 40%, selon les estimations des économistes. Cette diminution est principalement due à la réorientation des routes maritimes, les compagnies préférant contourner l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance pour éviter les risques sécuritaires.
Conséquences pour l'Égypte
La baisse des recettes du canal aggrave les difficultés économiques de l'Égypte, déjà confrontée à une inflation élevée et à une pression sur sa balance des paiements. Le gouvernement égyptien a annoncé des mesures d'urgence, notamment la réduction des dépenses publiques et le recours à des financements internationaux. Par ailleurs, la chute du trafic affecte également les activités connexes, comme les services de pilotage, de réparation navale et de logistique dans la zone du canal.
Impact sur le commerce mondial
Au-delà de l'Égypte, la réduction du trafic dans le canal de Suez perturbe les chaînes d'approvisionnement mondiales. Le canal assure le transit d'environ 12% du commerce maritime mondial, notamment entre l'Asie et l'Europe. Les détours par le cap de Bonne-Espérance allongent les trajets de 7 à 10 jours, augmentant les coûts de transport et les délais de livraison. Les secteurs les plus touchés sont l'énergie, avec le transport de pétrole et de gaz liquéfié, ainsi que les biens de consommation et les produits manufacturés.
Les raisons de la baisse
Plusieurs facteurs expliquent cette chute du trafic. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment les conflits au Yémen et en mer Rouge, ont accru les risques pour les navires transitant par le canal. Les attaques de navires par les rebelles houthis ont conduit les compagnies maritimes à éviter la zone. Par ailleurs, la hausse des primes d'assurance pour les navires empruntant le canal a également dissuadé certains armateurs.
Réactions et perspectives
Les autorités égyptiennes ont multiplié les initiatives pour rassurer les compagnies maritimes, notamment en renforçant la sécurité dans le canal et en proposant des réductions sur les droits de passage. Cependant, la reprise du trafic dépendra en grande partie de l'apaisement des tensions régionales. Les analystes estiment qu'une normalisation pourrait intervenir d'ici 2027, mais que l'impact à long terme sur l'économie égyptienne pourrait être durable.
En conclusion, la chute du trafic dans le canal de Suez illustre la vulnérabilité des routes maritimes face aux risques géopolitiques. Pour l'Égypte, cette situation représente un défi économique majeur, nécessitant des réformes structurelles et une diversification de ses sources de revenus.



