La Chine durcit sa position commerciale face à l'Union européenne
Le ministère du commerce chinois a rendu son verdict définitif jeudi 12 février, officialisant l'application de droits de douane supplémentaires sur certains produits laitiers en provenance de l'Union européenne. Cette décision intervient dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre Pékin et Bruxelles.
Des taxes substantielles pour cinq années
Les nouvelles taxes, comprises entre 7,4% et 11,7%, s'appliqueront dès vendredi et resteront en vigueur pour une durée de cinq ans. Elles concernent spécifiquement plusieurs catégories de produits laitiers européens, notamment :
- Les fromages frais
- Les fromages transformés
- La crème
- Le lait
Ces droits de douane supplémentaires viennent s'ajouter aux 15% de taxes moyennes déjà appliquées sur ces produits, alourdissant considérablement le coût des importations laitières européennes sur le marché chinois.
Une justification fondée sur des subventions européennes
Pour justifier cette mesure, les autorités chinoises invoquent les conclusions de leur enquête antidumping, ouverte fin août 2024. Selon Pékin, cette investigation a établi que certains produits laitiers de l'Union européenne ont bénéficié de subventions ayant causé un préjudice réel pour l'industrie laitière chinoise.
Le ministère du commerce chinois affirme que ces pratiques de subventionnement ont désavantagé les producteurs locaux, justifiant ainsi l'imposition de mesures correctives sous forme de droits de douane compensatoires.
Un conflit commercial qui s'intensifie
Cette décision s'inscrit dans une escalade des tensions commerciales entre la Chine et l'Union européenne. L'enquête antidumping sur les produits laitiers avait été lancée en pleine controverse concernant les taxes européennes sur les importations de véhicules électriques chinois.
La Chine poursuit ainsi sa stratégie de représailles ciblées contre le secteur agroalimentaire européen. Après le cognac et la viande de porc, c'est désormais au tour des produits laitiers des Vingt-Sept de subir des mesures restrictives.
Cette approche sélective permet à Pékin d'exercer une pression économique sur l'Europe tout en minimisant l'impact sur sa propre économie. Les observateurs s'attendent à ce que ce conflit commercial influence durablement les relations économiques entre les deux blocs.
Le secteur laitier européen, déjà confronté à divers défis, devra désormais composer avec ces nouvelles barrières commerciales sur l'un de ses marchés d'exportation importants. Cette décision chinoise pourrait inciter l'Union européenne à reconsidérer sa propre politique commerciale vis-à-vis de la Chine dans les mois à venir.



