Inde : manifestations étudiantes massives pour la démission du ministre de l'Éducation
Inde : manifestations étudiantes pour la démission du ministre

Des manifestations étudiantes massives ont éclaté dans plusieurs grandes villes indiennes, les participants réclamant la démission du ministre de l'Éducation, Dharmendra Pradhan. Le mouvement a été déclenché par une bousculade meurtrière survenue lors d'examens d'entrée très compétitifs dans l'État du Rajasthan, qui a fait au moins 12 morts et plusieurs dizaines de blessés.

Une tragédie qui met le feu aux poudres

La bousculade s'est produite le 15 juillet dernier devant un centre d'examen à Kota, ville réputée pour ses instituts de préparation aux concours. Des milliers d'étudiants s'étaient rassemblés pour passer l'examen d'entrée commun aux universités d'ingénierie. Selon les autorités locales, la foule a paniqué après des rumeurs de fuite de sujets, provoquant un mouvement de foule. Le bilan officiel fait état de 12 morts et 34 blessés, mais des sources hospitalières évoquent un nombre plus élevé de victimes.

Les étudiants accusent le gouvernement d'avoir mal organisé l'examen, en particulier en n'ayant pas prévu de mesures de sécurité suffisantes. « C'est un massacre évitable. Le ministre doit rendre des comptes », a déclaré Ravi Sharma, président de l'Union des étudiants de l'Université de Delhi, lors d'un rassemblement à New Delhi.

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Une colère qui gagne tout le pays

Les manifestations se sont étendues à Bombay, Calcutta, Bangalore et d'autres villes. À New Delhi, des milliers d'étudiants ont bloqué la circulation près du Parlement, brandissant des pancartes appelant à la démission de Dharmendra Pradhan. La police a utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour disperser les foules, provoquant des heurts.

Le ministre de l'Éducation a exprimé ses condoléances aux familles des victimes et promis une enquête, mais il a exclu de démissionner. « Nous prenons des mesures pour améliorer la sécurité lors des examens. La démission ne résoudra rien », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Un système éducatif sous pression

Cet incident met en lumière les failles du système éducatif indien, marqué par une concurrence féroce pour les places dans les universités prestigieuses. Chaque année, des millions d'étudiants passent des examens d'entrée très sélectifs, souvent dans des conditions précaires. Selon le ministère de l'Éducation, plus de 1,5 million de candidats se sont inscrits à l'examen d'entrée commun cette année, mais seulement 10 % d'entre eux obtiendront une place.

Les critiques dénoncent également la privatisation croissante de l'éducation et le manque de transparence dans le processus d'admission. « Le gouvernement doit réformer le système, pas seulement gérer les crises », a commenté Meera Nair, analyste en éducation.

Des appels à la grève générale

Les syndicats étudiants ont appelé à une grève générale dans les universités pour le 25 juillet, exigeant des mesures concrètes. Le Parti du Congrès, principale formation d'opposition, a apporté son soutien aux manifestants et demandé la démission du ministre. « Le gouvernement Modi est responsable de cette tragédie par sa négligence », a déclaré Rahul Gandhi, leader du Congrès.

Le gouvernement a annoncé la création d'une commission d'enquête, mais les étudiants restent sceptiques. « Nous avons vu trop de commissions sans suite. Nous voulons des actes », a insisté Priya Singh, étudiante à l'Université de Bombay.

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