Le mystère qui entourait l'identité de l'alpiniste connu sous le nom de « Green Boots » sur les pentes de l'Everest a été résolu après trente ans. Selon une enquête du média indien The Weather Channel, il s'agit de Tsewang Paljor, un membre des forces de sécurité indiennes mort en 1996 lors d'une expédition.
Un corps devenu un repère macabre
Depuis 1996, le corps d'un alpiniste gisait près du sommet de l'Everest, vêtu de bottes vertes, devenant un point de repère pour les grimpeurs. Surnommé « Green Boots », il était l'un des nombreux corps visibles sur la voie nord. Selon les estimations, plus de 300 personnes ont perdu la vie sur l'Everest depuis la première ascension en 1953.
Les circonstances de la mort
Tsewang Paljor faisait partie d'une expédition indienne en 1996, une année marquée par une tragédie qui a coûté la vie à huit alpinistes en une seule journée. Paljor et deux de ses compagnons ont été pris dans une tempête de neige alors qu'ils tentaient le sommet. Les trois hommes sont morts, mais seul Paljor a été identifié comme « Green Boots » en raison de ses chaussures distinctives.
Selon le rapport, Paljor était un alpiniste expérimenté, membre de l'Indian Border Security Force. Il avait participé à plusieurs expéditions avant celle de 1996. Sa famille, qui ignorait son surnom, a confirmé son identité après avoir vu des photos de ses bottes.
Un débat sur l'éthique de l'alpinisme
La révélation a relancé le débat sur la gestion des corps sur l'Everest. De nombreux alpinistes critiquent le fait que des corps soient laissés sur place, servant de balises macabres. En 2019, une équipe de nettoyage a déplacé le corps de « Green Boots » hors de la vue des grimpeurs, mais il n'a pas été redescendu en raison des difficultés logistiques. Selon les autorités népalaises, ramener un corps de l'Everest coûte entre 40 000 et 80 000 dollars.
Une identification tardive
L'identification a été possible grâce à une enquête menée par le journaliste indien Ankit Adhikari, qui a retrouvé la famille de Paljor. « C'était un choc pour nous, explique son frère, Tashi Paljor. Nous savions qu'il était mort sur l'Everest, mais nous ignorions qu'il était devenu une légende. » La famille a exprimé le souhait que le corps soit rapatrié, mais les coûts restent un obstacle.
L'impact sur le tourisme d'altitude
Cette affaire met en lumière les dangers de l'Everest, où le nombre de permis délivrés chaque année ne cesse d'augmenter. En 2023, le Népal a délivré 478 permis d'ascension, un record. Les critiques dénoncent une « industrialisation » de l'alpinisme, où la sécurité passe parfois au second plan. Selon les statistiques, le taux de mortalité sur l'Everest est d'environ 1,4 %, mais il grimpe à 3,4 % pour les tentatives sans oxygène.
Un hommage nécessaire
Pour la communauté des alpinistes, l'identification de « Green Boots » permet de rendre hommage à un homme et non plus à un simple repère. « C'est important de se souvenir que derrière chaque corps, il y a une histoire, une famille, un rêve, » déclare l'alpiniste népalais Kami Rita, qui détient le record d'ascensions de l'Everest (29 fois).



