La junte militaire birmane a assuré mardi 12 juillet 2022 que l'ancienne dirigeante Aung San Suu Kyi, détenue depuis le coup d'État de février 2021, était en bonne santé. Cette déclaration intervient après des mois de silence et de spéculations sur son état de santé, alors que ses partisans et la communauté internationale s'inquiètent de ses conditions de détention.
Première déclaration officielle depuis des mois
Le porte-parole de la junte, Zaw Min Tun, a déclaré à l'agence de presse officielle Global New Light of Myanmar que Suu Kyi était « en bonne santé » et qu'elle recevait des soins médicaux réguliers. Il a ajouté qu'elle était autorisée à voir des membres de sa famille, sans préciser la fréquence ou les conditions de ces visites. C'est la première fois que les autorités militaires s'expriment publiquement sur son état depuis son transfert en isolement en juin 2022.
Des inquiétudes persistantes
Depuis son arrestation, Aung San Suu Kyi, 77 ans, a été condamnée à une peine totale de 17 ans de prison pour diverses accusations, notamment de corruption et de violation de la loi sur les secrets officiels, que ses soutiens qualifient de motivées politiquement. Elle a été détenue dans un lieu secret, sans accès à ses avocats pendant plusieurs mois. En juin 2022, elle a été transférée de la prison de Naypyidaw à un lieu non divulgué, suscitant des craintes pour sa sécurité et sa santé.
Réactions de l'opposition et de la communauté internationale
L'opposition birmane, notamment le gouvernement d'unité nationale (NUG), a exprimé son scepticisme quant aux déclarations de la junte. « Le régime militaire a un historique de mensonges et de dissimulation. Nous exigeons une preuve indépendante de son état de santé », a déclaré un porte-parole du NUG. L'ONU et plusieurs pays occidentaux ont également appelé à la libération immédiate et inconditionnelle de Suu Kyi et à un accès humanitaire à elle.
Un contexte de répression
Depuis le coup d'État, la junte a réprimé toute opposition, tuant plus de 2 000 civils et arrêtant des milliers de militants, selon des groupes de défense des droits humains. La situation des droits de l'homme s'est fortement dégradée, avec des rapports faisant état de torture, de violences sexuelles et de disparitions forcées. La déclaration sur la santé de Suu Kyi pourrait être une tentative de la junte d'apaiser les critiques internationales, mais elle n'a pas été accompagnée de preuves tangibles.



