Walid Joumblatt, le druze qui défie le temps
À 74 ans, Walid Joumblatt reste une figure incontournable de la politique libanaise. Chef emblématique de la communauté druze, il a traversé les décennies avec une constance rare, passant de la guerre civile à la reconstruction, des alliances changeantes aux positions tranchées. Son franc-parler légendaire et son indépendance d'esprit en font un acteur imprévisible mais respecté.
Un héritier devenu stratège
Fils de Kamal Joumblatt, fondateur du Parti socialiste progressiste, Walid a repris le flambeau après l'assassinat de son père en 1977. Il a su moderniser son héritage tout en maintenant l'influence druze dans un pays fragmenté. Sa résidence de Moukhtara, dans le Chouf, est le symbole de cette permanence.
Les positions clés de Joumblatt
- Opposition au Hezbollah : Il critique régulièrement l'arsenal du parti chiite et son implication dans les conflits régionaux.
- Soutien à la révolution syrienne : Après avoir été un allié de Bachar al-Assad, il a changé de camp en 2011, dénonçant la répression.
- Défense de la laïcité : Il plaide pour un État civil et une réforme du confessionnalisme politique.
Une voix qui porte au-delà du Liban
Joumblatt s'exprime régulièrement sur les réseaux sociaux, où il n'hésite pas à provoquer. Ses déclarations sur la crise économique libanaise, la corruption ou les ingérences étrangères trouvent un écho dans tout le Moyen-Orient. Son dernier livre, Le Liban entre deux mondes, résume sa vision d'un pays pris en étau entre les puissances régionales.
Malgré les critiques, il reste populaire dans sa communauté et au-delà. Son départ de la vie politique, annoncé à plusieurs reprises, n'a jamais eu lieu. « Tant que le Liban aura besoin de voix libres, je serai là », a-t-il déclaré récemment. Une promesse qui résonne dans un Levant en ébullition.



