Présidentielles au Pérou et en Colombie : le vote des expatriés a favorisé l'extrême droite
Vote des expatriés : un atout pour l'extrême droite en Amérique latine

Le 3 juillet 2026, une analyse publiée par Le Monde révèle que le vote des expatriés a joué un rôle clé dans les victoires des candidats d'extrême droite aux élections présidentielles au Pérou et en Colombie. Au Pérou, le candidat d'extrême droite a remporté l'élection avec 52,3 % des voix, tandis qu'en Colombie, le candidat similaire a obtenu 51,8 %. Dans les deux cas, le soutien des électeurs vivant à l'étranger a été déterminant, avec des écarts de plus de 10 points en faveur de ces candidats dans les circonscriptions expatriées.

Un vote expatrié décisif

Selon les données électorales, au Pérou, 1,2 million d'expatriés étaient inscrits sur les listes électorales, représentant environ 4,5 % du total des votants. Parmi eux, 68 % ont voté pour le candidat d'extrême droite, contre 32 % pour son adversaire de centre-gauche. En Colombie, sur 900 000 expatriés inscrits, 65 % ont choisi le candidat d'extrême droite, contre 35 % pour le candidat progressiste. "Le vote des expatriés a été un facteur crucial, surtout dans les courses serrées", a déclaré Maria Fernanda Lopez, politologue à l'Université de Bogota.

Les raisons du vote expatrié

Plusieurs facteurs expliquent cette tendance. Les expatriés, souvent installés dans des pays comme les États-Unis, l'Espagne ou le Chili, sont généralement plus sensibles aux discours sécuritaires et économiques libéraux. "Ils vivent dans des contextes où la sécurité et la stabilité économique sont prioritaires, ce qui les rend réceptifs aux promesses de l'extrême droite", explique Carlos Mendez, chercheur à l'Institut d'Études Politiques de Lima. De plus, les campagnes d'extrême droite ont investi massivement dans le vote à distance, avec des publicités ciblées sur les réseaux sociaux et des événements dans les communautés expatriées.

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Un impact sur les politiques nationales

Cette influence des expatriés soulève des questions sur la légitimité des résultats. "Les expatriés ne subissent pas directement les conséquences des politiques qu'ils choisissent", critique Ana Lucia, militante des droits civiques à Medellín. Les nouveaux présidents, au Pérou et en Colombie, ont déjà annoncé des réformes sécuritaires et économiques drastiques, notamment l'augmentation des dépenses militaires et la réduction des impôts pour les entreprises. Au Pérou, le président élu a promis de durcir les lois sur l'immigration et d'augmenter les peines pour les crimes violents, tandis qu'en Colombie, le nouveau dirigeant envisage de privatiser certaines entreprises publiques.

Réactions internationales

La communauté internationale observe ces évolutions avec prudence. L'Union européenne a exprimé des inquiétudes quant à l'état de droit dans les deux pays. "Nous suivons de près les développements et espérons que les nouveaux gouvernements respecteront les engagements démocratiques", a déclaré un porte-parole de la Commission européenne. Les États-Unis, quant à eux, ont félicité les vainqueurs tout en appelant au respect des droits de l'homme.

Perspectives futures

Les analystes prévoient que ces résultats pourraient encourager d'autres partis d'extrême droite en Amérique latine à cibler les expatriés. "Le vote à distance devient un enjeu stratégique", conclut Maria Fernanda Lopez. Les prochaines élections au Chili et en Argentine, prévues pour 2027, seront observées de près pour voir si cette tendance se confirme.

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