Venezuela : le témoignage poignant d'une Nîmoise après le séisme qui a tué son cousin
Venezuela : une Nîmoise témoigne après la mort de son cousin dans le séisme

Scarleth Hernandez, 30 ans, réfugiée politique vénézuélienne installée à Nîmes depuis 2024, a perdu son cousin Denis, 26 ans, lors du double séisme qui a frappé le nord du Venezuela le 24 juin 2026. Le bilan provisoire dépasse ce mardi 7 juillet les 3 000 morts, selon les autorités locales. Le jeune homme, père de trois enfants en bas âge, a été écrasé dans son sommeil par un bloc de ciment effondré du plafond de son immeuble à La Guaira, à six heures de route de l'épicentre situé à Yaracuy.

Un drame familial sous les yeux des parents

Le soir du séisme, l'oncle et la tante de Scarleth rentraient chez eux et se préparaient à entrer dans le parking de leur immeuble de douze étages lorsque la terre a tremblé. Sous leurs yeux, une grande partie du bâtiment s'est écroulée. Le couple est indemne, mais leur fils Denis, en convalescence après une opération de la jambe, était allongé dans son lit. « Fauché dans son sommeil, mon cousin a succombé écrasé au niveau du ventre par un énorme bloc de ciment », détaille Scarleth, la voix chevrotante.

Des secours tardifs et des funérailles impossibles

Les secouristes internationaux, notamment chiliens, péruviens, américains et français, ont mis plusieurs jours à se déployer. Pendant les premières 36 heures, seuls les nationaux ont effectué les opérations de déblaiement, en priorité dans les secteurs où des survivants étaient attendus. « S'agissant de l'immeuble de mon oncle et ma tante, il avait été très vite démontré que personne n'avait survécu », explique Scarleth. La dépouille de Denis n'a été extraite des décombres que le 1er juillet, veille de l'entretien de Scarleth avec Midi Libre. « Vu le chaos ambiant dans le pays, il n'y aura pas de funérailles pour Denis. Son corps sera vite enterré en l'absence de sa femme et de ses enfants, eux aussi réfugiés politiques en France », ajoute-t-elle.

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Un opposant politique victime de persécutions

Denis était un opposant politique et faisait l'objet de persécutions au Venezuela. Sa demande d'asile en France avait été refusée l'année précédente, faute de preuves suffisantes, selon Scarleth. Il avait alors choisi de retourner spontanément au pays pour effectuer une nouvelle demande dans les règles. « La perspective de son retour prochain était de nature à nous redonner à tous – à moi, à mes parents (eux aussi à Nîmes) ainsi qu'à sa femme Lisnet et surtout à leurs trois enfants – cet immense espoir de se retrouver tous ensemble prochainement », confie-t-elle en larmes.

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