Venezuela : après le séisme, l'entraide populaire supplée l'État
Venezuela : après le séisme, l'entraide populaire supplée l'État

Le 1er juillet 2026, un séisme de magnitude 6,8 a frappé le Venezuela, provoquant la mort d'au moins 12 personnes et faisant des centaines de blessés. Face à l'effondrement partiel des infrastructures et à la lenteur des secours officiels, ce sont les citoyens eux-mêmes qui ont pris en charge l'essentiel des opérations de sauvetage et d'aide humanitaire.

Un État débordé par l'ampleur de la catastrophe

Les autorités vénézuéliennes ont reconnu que les moyens disponibles étaient insuffisants. Le président Nicolás Maduro a décrété trois jours de deuil national, mais les critiques fusent sur la gestion de la crise. Selon un bilan provisoire de la Protection civile, plus de 200 personnes sont portées disparues dans les États de Lara et de Falcón, les plus touchés.

Les hôpitaux, déjà fragilisés par la pénurie de médicaments et d'équipements, ont rapidement été submergés. « Nous manquons de tout : de gants, de perfusions, de lits », a déclaré à l'AFP le Dr. María González, médecin urgentiste à l'hôpital central de Barquisimeto.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La solidarité citoyenne en action

Dès les premières secousses, des groupes de voisins ont commencé à déblayer les décombres à mains nues. Des chaînes WhatsApp et des groupes Telegram ont été créés pour coordonner les secours. « C'est le peuple qui aide le peuple, comme toujours », a expliqué Luis Rodríguez, un habitant de Caracas qui a organisé une collecte de vivres et d'eau. « L'État n'est pas là, alors on se débrouille. »

Des milliers de bénévoles se sont mobilisés pour distribuer de la nourriture, de l'eau et des couvertures. Dans l'État de Falcón, des pêcheurs ont mis leurs bateaux à disposition pour transporter des blessés vers les hôpitaux de la côte.

Des dégâts matériels considérables

Le séisme a détruit ou endommagé plus de 5 000 bâtiments, selon les premières estimations du ministère du Logement. De nombreuses routes sont impraticables, compliquant l'acheminement de l'aide. Les coupures d'électricité et d'eau potable touchent environ 1,5 million de personnes dans les zones sinistrées.

Les autorités ont annoncé l'envoi de 10 000 soldats pour participer aux opérations de secours, mais leur déploiement a été jugé lent par les habitants. « Les militaires sont arrivés hier, mais ils n'avaient pas de matériel », a témoigné Ana Martínez, une habitante de Coro. « Ce sont les voisins qui ont sorti les gens des décombres. »

Un contexte de crise aggravante

Ce séisme survient dans un pays déjà en proie à une grave crise économique et politique. Selon l'ONU, plus de 7 millions de Vénézuéliens ont besoin d'aide humanitaire. Les sanctions internationales et la mauvaise gestion des ressources ont affaibli les capacités de réponse de l'État.

Des organisations non gouvernementales locales, comme l'ONG « Solidarité Venezuela », tentent de pallier les carences. « Nous avons lancé un appel aux dons internationaux, mais pour l'instant, la réponse est faible », a indiqué sa directrice, Carolina Pérez. « Le peuple vénézuélien est résilient, mais il a besoin d'un soutien concret. »

La communauté internationale en attente

Plusieurs pays, dont la Russie, la Chine et Cuba, ont proposé leur aide. Les États-Unis ont également offert une assistance technique, mais les relations diplomatiques tendues compliquent la coordination. L'Union européenne a débloqué une aide d'urgence de 2 millions d'euros.

Sur le terrain, les Vénézuéliens continuent de compter sur leur propre solidarité. « On n'attend rien de l'État, on sait qu'il ne fera rien », a conclu Luis Rodríguez. « On compte sur nous-mêmes et sur nos voisins. C'est comme ça qu'on survivra. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale